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Longue lettre à Alfred Vallette. [Novembre 1902]. Essaie de convaincre l'éditeur de publier la Bible d'Amiens
Auction Closed
May 11, 05:00 PM GMT
Estimate
6,000 - 8,000 EUR
Lot Details
Description
Proust, Marcel
Lettre autographe signée à Alfred Vallette. Jeudi [27 novembre 1902].
7 pages et demie in-12 (180 x 114 mm), sur deux bifeuillets, filigranés "Au Printemps / Paris / Nouveau papier français". Signé "Marcel Proust". Enveloppe autographe, cachet 28.11.02. Traces d'onglet.
LONG ET BRILLANT PLAIDOYER POUR QUE LE MERCURE DE FRANCE PUBLIE SA TRADUCTION DE LA BIBLE D'AMIENS.
Dès septembre, Proust s'était adressé à Alfred Vallette pour qu'il publiât sa traduction de Ruskin (voir Corr., III, n° 81), mais, devant son refus obstiné, il avance d'autres arguments, en parfait avocat de sa cause. Il avoue ne pas comprendre les raisons de ce refus, puisqu'il propose de faire les frais de l'édition — le procédé qu'il adoptera pour Swann — et que, surtout, La Bible d'Amiens ne déshonorerait pas le Mercure : "l'œuvre est belle, inconnue et singulière", c'est "de l'avis de beaucoup le plus beau des Ruskin" et que, "si l'on ne devait traduire qu'un Ruskin, c'est celui-là", notamment parce que "c'est le seul qui soit sur la France, à la fois sur l'Histoire de France, sur une ville de France et sur le Gothique français. Quand cela ne serait que pour permettre au lecteur de vérifier c'est tout de même plus facile d'aller à Amiens qu'à Vérone ou à Padoue". D'ailleurs, une autre édition complète des œuvres de Ruskin "voulait commencer par celle-là" ; et de citer un critique disant que "si un livre de Ruskin devait nous intéresser nous autre les Français, c’était la Bible d'Amiens, le seul qui eût trait à notre histoire et nos monuments". Enfin, il réfute l'idée de ne publier que des pages choisies : "Quel livre fait pour émousser l'impression que peut donner un génie ! Au lieu d'une cathédrale vivante, quel froid musée de morceaux disparates". D'un ton burlesque, il explique que si son manuscrit était refusé, il lui faudrait, "comme la femme portant la Tête d'Orphée de Moreau, commencer une triste promenade pour trouver où abriter le génie". Hélas, si la porte du Mercure lui est fermée, qu'en sera-t-il d'autres "éditeurs probablement illettrés !"
La traduction devait finalement paraître en février 1904 au Mercure de France.
Provenance : Jean Heitz (selon Ph. Kolb).
Référence : Corr., III, n° 98.
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