
Contes cruels. 1883. E.O. Ex Alidor Delzant. Avec : Lettre de rupture à sa maîtresse
Auction Closed
May 11, 05:00 PM GMT
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
Lot Details
Description
Villiers de l'Isle-Adam, Auguste
Contes cruels. Paris, Calmann Lévy, 1883.
In-12 (187 x 120 mm). Bradel percaline rouge à recouvrements, couverture (Reliure de l’époque, attribuable à Pierson). Dos un peu sali, coiffes heurtées, couverture originale défraîchie.
AVEC UNE ÉMOUVANTE LETTRE DE RUPTURE À SA MAÎTRESSE, LOUISE DYONNET.
EXEMPLAIRE D'ALIDOR DELZANT.
Édition originale.
Ce recueil de 28 contes ou nouvelles, dont il n’a pas été tiré de grand papier, fut le premier succès littéraire du poète. "C'est à ses recueils narratifs que Villiers devra sans doute l'essentiel de sa renommée. Les ÉContes cruels furent salués par une avant-garde littéraire comme une réussite éclatante. [...] Ils atteignent à une intensité́ dramatique et à une rigueur de construction qui les apparentent aux œuvres classiques" (Pierre-Georges Castex. diEn français dans le texte, BnF, 1990, n° 310).
[On joint :]
VILLIERS DE L'ISLE ADAM, Auguste. Lettre autographe signée "Aug. de Villiers de L’Isle Adam", à sa chère amie Louise. 12 juillet 1864. (2 p. in-8 sur un bifeuillet). Il est sur le point de partir pour Solesmes. "Je vous aime beaucoup, mais j’ai l’amour-propre un peu froissé […] Je n’ai plus qu’un sentiment dans le cœur, c’est l’ennui. […] Si j’avais eu quinze jours devant moi, je me serais très certainement fait aimer de vous, je l’espère du moins ; je ne les ai pas. C’est juste, je vous perds, je sais ce que vous valez quand vous aimez ; tant pis pour moi. Restons bons amis. Quand je serai riche, peut-être, si vous le permettez, pourrai-je vous être utile, ainsi qu’à vos enfants ; jusque là ne me cherchez pas, d’aucune manière, vous ne me trouverez plus. […] En vérité, je ne vous aime plus, mais j’ai de l’estime et de l’amitié pour la femme d’autrefois. Je suis triste et troublé de ne plus vous comprendre". Il lui demande de ne pas faire trop d’excentricité rue de Grenelle et l’assure qu’il paiera toutes ses factures. "Je suis désolé de ne pas vous avoir été plus utile, mais ma foi, la plus belle fille du monde… et coetera".
Cette liaison avec Louise Dyonnet, une demi-mondaine et mère de deux enfants, dont son ami Catulle Mendès s’était également épris, marqua durablement Villiers de l’Isle-Adam. On retrouve cette figure de la femme passionnée et vénale dans certains des Contes cruels. Référence : Correspondance générale, I. Mercure de France, 1962, p. 69-70.
VILLIERS DE L'ISLE ADAM, Auguste. Billet autographe signé [à Reinach, directeur de La Revue contemporaine], 29 avril 1885 (une p. in-16 montée en début du volume). Il lui demande de le "couvrir d’or" en lui remettant la petite somme convenue et en lui transmettant un bon gros baiser de Totor (son fils Victor âgé de 4 ans).
Provenance : Alidor Delzant (1848-1905), écrivain, graveur amateur et bibliophile ; il fut l’exécuteur testamentaire des frères Goncourt (ex-libris).
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