
XXe siècle ─ lots 145 à 228
Deux ouvrages en édition originale. L'Esprit contre la Raison, avec envoi à André Breton. Dalí ou l'Anti-obscurantisme, avec envoi à Benjamin Péret.
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Lot Closed
October 28, 03:46 PM GMT
Estimate
3,000 - 4,000 EUR
Lot Details
Description
Crevel, René
Deux ouvrages en édition originale, avec envoi, l'un à André Breton, l'autre à Benjamin Péret.
Réunion de trois figures phares du surréalisme.
L’Esprit contre la Raison. Marseille, Les cahiers du Sud, 1927.
In-12 (202 x 140 mm). Broché, couverture imprimée en noir et rouge. Chemise et étui moderne.
Édition originale.
Portrait de l’auteur en frontispice par Tchelitchew.
Un des 14 premiers exemplaires sur Hollande de Rives, numérotés et paraphés par l’éditeur (n° IV) d’un tirage à 444 exemplaires.
Sixième ouvrage de la collection "Critique".
Envoi autographe signé à André Breton, à l’encre noire sur le faux-titre dont deux mots du titre ont été biffés :
"à André Breton,
cette dédicace tardive
d’un livre vieilli
mais c’est toujours
assez tôt pour
dire qu’on est pour
et
L’ESPRIT CONTRE LA RAISON
les mêmes choses
avec toute
mon amitié
René Crevel".
Cette dédicace "tardive" date probablement des années au cours desquelles Crevel, bien que s’étant éloigné des surréalistes en raison de son engagement politique, rêvait d’un rapprochement entre surréalistes et communistes. Elle précède sans doute de peu son suicide, par asphyxie, le 18 juin 1935.
Breton, dans les Entretiens, reviendra sur le compagnonnage de Crevel avec l’esprit du surréalisme, en évoquant deux de ses livres, "L’Esprit contre la Raison et Le Clavecin de Diderot sans quoi il eût manqué une de ses plus belles volutes au surréalisme".
"Le livre n’est pas simplement un plaidoyer pour le surréalisme. […] Crevel se démarque de tous ceux de sa génération qui ont choisi la voie royale de la littérature traditionnelle, les honneurs les plus classiques, les places les plus payantes." (François Buot, Crevel, Grasset, 1991).
"Quand je ne croirai plus en rien, ni en moi, ni en personne, je croirai encore en Breton" (propos de Crevel, rapporté par Marcel Jouhandeau en juillet 1935).
Dalí ou l'Anti-obscurantisme. Paris, Éditions surréalistes chez José Corti, 1931.
In-8 (221 x 160 mm). Broché, couverture noire rempliée, étiquette de titre sur le premier plat.
Édition originale.
10 planches de reproductions de tableaux de Dalí, photographies par André Caillet.
Exemplaire sur vélin blanc (n° 22) d’un tirage à 615 exemplaires.
Envoi autographe signé à Benjamin Péret, à l’encre bleue, sur le faux-titre :
"Reviens vite
nous chanter
la chanson
de la mère
Cognac [sic],
et de Condamine
de La Tour,
Benjamin Péret,
Ton ami
René Crevel".
Crevel fait allusion à deux poèmes de Benjamin Péret ─ publiés dans le n° 6 de La Révolution surréaliste et repris dans le recueil Je ne mange pas de ce pain-là (1936) ─ raillant le thème proposé par l’Académie française pour le Prix de poésie en 1927 : La Mort de la mère Cognacq [nom de la créatrice, avec son mari, du magasin La Samaritaine] et La mort héroïque du lieutenant Condamine de la Tour ("Pourris Condamine de la Tour pourris / Avec tes yeux le pape fera deux hosties / pour ton sergent marocain / et ta queue deviendra son bâton de maréchal").
André Breton (envoi sur l'un) et Benjamin Péret (envoi sur l'autre).
Pierre Bergé (ex-libris ; IV, n° 941 et VI, n° 1345).
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