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XXe siècle ─ lots 145 à 228

Apollinaire, Guillaume

Alcools. 1913. Édition originale. Envoi au poète symboliste André Fontainas, avec carte-lettre autographe signée, au même.

No reserve

Lot Closed

October 28, 03:30 PM GMT

Estimate

5,000 - 6,000 EUR

Lot Details

Description

Apollinaire, Guillaume.

Alcools. Poèmes (1898-1913).

Paris, Mercure de France, 1913.


In-12 (182 x 109 mm). Demi-maroquin noir, dos à nerfs, tête dorée, couverture et dos, non rogné (Semet et Plumelle).


De poète à poète : précieux exemplaire du poète symboliste André Fontainas, avec envoi et carte-lettre.


Édition originale, illustrée en frontispice du rare portrait cubiste du poète par Picasso.


Exemplaire du service de presse (n° 849).


Apollinaire a apporté 6 corrections autographes (p. 71, 77, 86, 92, 110 et 189), comme souvent sur les exemplaires de cette édition présentant un envoi.


Envoi autographe signé, à l'encre brune sur le premier feuillet blanc :

"A André Fontainas

son admirateur et son

ami

Guillaume Apollinaire".


Alcools renferme certains des plus fameux poèmes d'Apollinaire, rédigés pendant quinze ans, comme "La Chanson du mal-aimé", "Le Pont Mirabeau" et bien d'autres. Apollinaire ajoute au dernier moment "Zone", composé en octobre 1912 chez la belle-mère de Picabia, Gabrielle Buffet. Au même moment, il supprime la ponctuation sur les épreuves : "Le rythme même et la coupe des vers, voilà la véritable ponctuation", écrit-il à Henri Martineau, ce que Michel Butor commentera ainsi : "Le vers redevient chez lui cette 'ligne parfaite' dont parlait Mallarmé, l'unité auditive, orale, se transposant naturellement dans le volume en unité visuelle ou de lecture" (Monument de rien).


[Monté en tête, sur une des gardes :]

Carte-lettre autographe signée à André Fontainas, 12 juin [1913] (in-12), relative à un éventuel échange avec l'exemplaire de Léautaud orné d'un portrait.

"Mon cher maître et ami,

Il est malheureusement vrai que les exemplaires du Service ne comportent pas de portrait qui par négligence a été tiré à trop petit nombre.

Mais je crois que Léautaud vous changerait cet exemplaire. D'ailleurs mon livre [3 mots biffés]

Je suis votre ami dévoué.

Guillaume Apollinaire

202 Bd St Germain".


La carte-lettre figurant dans cet exemplaire constitue la réponse à la lettre qu'André Fontainas lui avait écrite le 7 juin 1913 :

"Mon cher Ami,

Je reçois ce matin votre livre, et je vous remercie tout de suite de la charmante attention, mais tout aussitôt le bibliophile (tout est relatif, hélas !) prend la parole et vous signale que, en dépit de l'assertion de la couverture, aucun portrait par Pablo Picasso n'accompagne mon exemplaire. Est-il omis aux exemplaires de service, ou bien est-ce négligence réparable ? Je ne coupe pas les pages du livre, en attendant de savoir, et cependant j'en suis impatient, d'autant plus que j'ai au passage reconnu plus d'un titre de poème que j'ai aimé et que je relirais avec joie.

Bien cordialement."


Les exemplaires du service de presse ne contenaient effectivement pas le portrait d'Apollinaire par Picasso. Comme notre exemplaire en était certainement dépourvu quand Fontainas le reçut, tout laisse à penser qu'il n'y eut pas d'échange avec celui de Léautaud mais que le portrait fut ajouté postérieurement.


André Fontainas (1865-1948), poète symboliste belge et critique au Mercure de France où il tint la rubrique "Poésie" jusqu'à sa mort, servit d'intermédiaire entre poètes symbolistes belges et français.

Dans son journal, à la date du 3 décembre 1925, Paul Léautaud rapporte une conversation qu'il eut avec lui au sujet de La Chanson du mal-aimé qui "n’a pas cessé d’être considérée comme un très beau poème".

André Fontainas (envoi, non répertorié dans la Correspondance générale, éd. V. Martin-Schmets, Champion ; carte-lettre répertoriée t. 1, p. 531, n° 456).


Pierre Bergé (ex-libris ; I, n° 136).

Correspondance générale, éd. V. Martin-Schmets, Champion, t. II, p. 498, n° 3 et t. I, p. 531, n° 456.