
De la bibliothèque de la comtesse de Provence
Alceste et Atys. 1776 et 1780. Deux livrets d'opéra aux armes de la comtesse de Provence.
Lot Closed
June 25, 01:14 PM GMT
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
Lot Details
Description
De la bibliothèque de la comtesse de Provence
[Gluck, Christoph Willibald ─ Niccolò Piccinni]
Alceste. Paris, Delormel, 1776.
[Et :]
Atys. Paris, aux dépens de l’Académie, 1780.
Réunion de 2 volumes in-4 (232 x 174 mm et 230 x 175 mm). Maroquin rouge, armes poussées au centre des plats, roulette fleurdelisée (fleurs de lys aux angles pour Alceste), dos à nerfs orné de fers dorés, tranches dorées, doublure et gardes de tabis rose (Reliure de l’époque).
DEUX LIVRETS D’OPÉRA AUX ARMES DE LA COMTESSE DE PROVENCE.
Éditions originales.
Alceste, tragédie-opéra en trois actes de Gluck, d’après un poème de Du Roullet, fut représentée pour la première fois à l'Académie royale de musique le 16 avril 1776.
Atys, tragédie lyrique de Niccolò Piccinni, sur un livret de Jean-François Marmontel d'après Philippe Quinault, fut représentée pour la première fois à l'Académie royale de musique le 22 février 1780. Piccinni et Marmontel adaptèrent, un peu plus de cent ans après, le célèbre opéra du même nom composé par Lully sur un livret de Quinault.
Provenance : Marie Joséphine Louise de Savoie, comtesse de Provence (armoiries ; OHR 2549, fer n° 2 et 7). ─ Trace d'ex-libris retiré aux contreplats.
Référence : Quentin Bauchart, II, p. 314-330 (non cité).
Pour d’autres livrets d’opéra, voir lots 91 et 97.
La bibliothèque de la comtesse de Provence (lots 65 à 97).
Marie Joséphine Louise de Savoie (1753-1810), fille du duc Victor Amédée III, épousa le 14 mai 1771 Louis Stanislas Xavier comte de Provence (futur Louis XVIII), frère cadet de Louis XVI.
"Animée d’un esprit libéral, Louise de Savoie eut son heure de faveur populaire, en défendant au début de la Révolution, ce qu’elle-même appelait, alors, les droits de la nation, et le bruit des explications assez vives qu’elle eut, à ce sujet, avec la reine Marie-Antoinette, lui valut plus d’une fois les applaudissements de la foule" (Quentin Bauchart, II, p. 313-314).
La comtesse de Provence termina sa vie en exil, parcourant l’Allemagne et l’Europe de l’est. Elle mourut en Angleterre en 1810, quelques années avant que son mari ne retrouve le trône.
Cette princesse, qui possédait une bibliothèque à Versailles mais également dans sa résidence de campagne à Montreuil, partageait, avec son époux, le goût des lettres et des arts. Sa bibliothèque comptait plus de 1600 volumes, dispersés pendant la Révolution. Versailles et Fontainebleau se partagèrent les plus importants, d’autres furent vendus ou volés.
Soigneusement reliés en maroquin rouge à ses armes, en pleine ou demi-peau, ses livres témoignent de l’éclectisme de ses goûts : belles-lettres, histoire, géographie, sciences, théologie, musique, etc.
En 1780, la comtesse de Provence avait acheté à Versailles, dans le quartier de Montreuil, un pavillon appartenant au prince de Montbarey. D’autres acquisitions lui permirent ensuite de constituer un vaste domaine de plus de vingt hectares, le Grand Montreuil, où elle aimait se retirer loin des tumultes de la cour. Elle y fit dessiner un parc à l’anglaise ponctué de nombreuses fabriques dont le pavillon de musique, érigé en 1784 par l’architecte Chalgrin.
Les propriétaires de ce pavillon se sont attachés, dès les années 1970, à faire revivre cet élégant bâtiment, unique vestige du Grand Montreuil. Au fil des années, ils ont acquis de nombreux livres provenant de la bibliothèque de la princesse, tentant de reconstituer son environnement familier. Les ouvrages présentés dans cette vente y ont été précieusement conservés jusqu’à aujourd’hui.
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