
Lot Closed
July 7, 02:23 PM GMT
Estimate
50,000 - 70,000 EUR
Lot Details
Description
Masque, Yup'ik, Fleuve Kuskokwim, Alaska
haut. 34 cm ; 13 3/6 in
Collection Adams Hollis Twitchell (1872 - 1949), Alaska, avant 1908
Collection George Gustav Heye (1874–1957), New-York
Natonal Museum of the American Indian - The Heye Foundation, New York, inv. n° 9/3406
Julius Carlebach, New York, acquis en 1945
Collection Maria Martins (1894-1973), New York
Sotheby’s, New York, 24 juin 2004, n°19
James Economos, Santa Fe
Sotheby's, Paris, Art Eskimo et de Colombie Britannique - Collection James Economos, 11 juin 2008, n° 33
Collection privée, Bruxelles
Collection privée, européenne
Ce masque Yup’ik a été acquis in situ par Adams Hollis Twitchell (1872 - 1949). Celui-ci s’installa en 1892 à Chilkat sur la Côte Nord-Ouest, afin de prospecter le marché du commerce de l’or, très lucratif dans la région. En 1909, il établit à Bethel un commerce de fourrures et une entreprise commerciale, The Kuskowin Commercial Company avant de se consacrer au négoce d’objets Inuit. Il rassembla bientôt une importante collection et devint fin connaisseur au point que selon Ann Fienup-Riordan « les masques acquis par Admas Hollis Twitchell comptent parmi les plus complexes et les plus élaborés jamais collectés. »1. Il fit parvenir trente-cinq de ces masques à George Gustav Heye (1874–1957). Ce banquier d’affaire installé à New York est connu pour avoir été l’un des plus grands collectionneurs d’Art Natif Américain, et plus particulièrement d’Amérique du Nord. Il finança plusieurs missions d’études, ainsi que des fouilles archéologiques dans tout l’Amérique et notamment en Amérique du Sud soutenant en 1907 les fouilles au Mexique et en Equateur du Professor Saville de l’Université de Columbia où Heye avait lui-même fait ses études. Heye rassembla également grand nombre de photographies et documents d’archive et participa également à nombre des expéditions qu’il finançait. A cette époque il avait déjà acquis plus de dix milliers d’objets et l’idée d’une Fondation et d’un Musée commençait à prendre forme. Les collections passèrent à la Fondation Heye pour finalement intégrer le futur Musée en 1916. Grâce à la générosité d’amis influents le Museum of the American Indian ouvrait ses portes en 1922 dans un nouveau bâtiment au 155e et Broadway à New York. Au nombre des pièces que comptait la collection, trente-deux des masques de Twitchell furent donnés par la Fondation au Musée à partir de 1944. Entre 1944 et 1946, le marchand new yorkais Julius Carlbach en acquit vingt-six, qu’il vendit dans le monde entier, notamment à André Breton, Roberto Matta, Yves Tanguy, et Robert Lebel. Quant à cet exemplaire-ci il lui fut acheté par la sculptrice d’origines brésiliennes Maria Martins (1894-1973). Elle fut elle-même également très proche des Surréalistes en exil à New York pendant la seconde Guerre Mondiale.
Ce masque représente probablement Isanuk, le morse. Il a de grands yeux circulaires percés de profondes orbites, un nez triangulaire bifide et une large bouche ouverte sur quatre dents massives. Ce masque peut être rapproché d’un autre acquis par Twitchell à Bethel vers 1905 et conservé au National Museum of the American Indian du Smithsonian (n° inv. 9/3396). Il apparaît par ailleurs fort probablement dans le bas à droite d’une intéressante photographie d’archive de la famille Twitchell présenté par la Menil Collection représentant Twichell et un autochtone entourés de plusieurs masques Yup’ik.2
1 Fienup-Riordan, The Living Tradition of Yup'ik Masks: Agayuliyararput (Our Way of Making Prayer). Seattle, WA: University of Washington Press, 1996 : pp. 249-257.
2 cf. The Menil Collection : https://www.menil.org/read/online-features/yupik/twitchell A.H. Twitchell in Napaskiak, 1910. Photograph courtesy of the Twitchell family.
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