View full screen - View 1 of Lot 294. Lettre inédite à Lucien Daudet (1911, 4 p.), sur la mise au net de Combray, le livre de Lucien et Cabourg.

Proust, Marcel

Lettre inédite à Lucien Daudet (1911, 4 p.), sur la mise au net de Combray, le livre de Lucien et Cabourg

Auction Closed

May 11, 05:00 PM GMT

Estimate

6,000 - 8,000 EUR

Lot Details

Description

Proust, Marcel


Lettre autographe signée à Lucien Daudet. [Peu après le 1er octobre 1911.]


4 pages in-12 (173 x 110 mm), sur un bifeuillet. Signée "Marcel Proust".


LETTRE INÉDITE.

REVENU DE CABOURG, PROUST MET AU NET SON ROMAN ET COMPLIMENTE LUCIEN SUR SON LIVRE À PARAÎTRE.


Revenu de Cabourg le 1er octobre 1911, Proust travaille à son roman, qui à l’époque a encore pour titre Les Intermittences du cœur : "je voudrais réserver mes forces pour tâcher de redicter à la sténographe un peu de ce livre dont je vous parle si souvent que vous allez finir par croire que c’est une ‘œuvre’ alors que c’est ma fatigue et mon impossibilité d’arriver aux moindres choses qui me fait m’en soucier tant et en faire tant de bruit."


Il complimente Lucien pour un extrait de son livre L’Impératrice Eugénie qui vient de paraître dans La Revue. Il a été touché par les comparaisons entre les fleurs et les hommes : "vous savez trop ce que j’aime, ce que nous aimons, pour ne pas être certain sans que j’aie besoin de vous le dire, de ce que j’ai pu ressentir à la comparaison des roses redevenant églantines comme des nobles déchus qui connaissent mais n’osent porter leurs ailes, au parc [?] qui s’avance hagard et pendant que je suis dans le règne végétal à un autre endroit, devant les branches épineuses qui abattent et retiennent, moins oublieuses que les hommes l’Impératrice. Vous pensez ce que vos paroles sur l’instinct de la patrie formée par des mariages et des guerres comme des dissensions de famille sur le lac où l’image de la montagne est renversée (que j’avais déjà remarquée dans le Figaro), sur les deux sortes de courtisans et d'ailleurs sur tout ; mon cher petit vous savez ce que je pense de vous". Enfin, il salue Cocteau, avec lequel Lucien est allé à Maisons-Laffitte, il aurait aimé aller à Falaise visiter Mme d’Eyragues (mais n’a "pas pu une seule fois en trois mois sortir de l’hôtel même une minute") et dit avoir croisé Henry Bernstein (qui s’était battu en duel avec Léon Daudet à cause de ses attaques antisémites).


Cette lettre précède une lettre de la mi-octobre 1911, dans laquelle Proust commente un second extrait de l’essai de Daudet, qui paraîtra en décembre 1911 (Collection Patricia Mante-Proust, Replica Shoes ’s, 31 mai 2016, lot 194 ; publiée par C. Szylowicz).


Nous remercions Mme Françoise Leriche de nous avoir aidés dans la datation de cette lettre et Mme Caroline Szylowicz de nous avoir fourni l'article de Daudet.


Référence : C. Szylowicz, "Quatre lettres à Lucien Daudet", B.I.P., n° 47, 2017, p. 21-27 ; la phrase dont se souvient Proust dans la présente lettre est citée p. 26, n. 2.


Provenance : Christie's, 1999, une des deux lettres du lot 73.