View full screen - View 1 of Lot 285. Lettre à Gaston Calmann-Lévy (déc. 1898, 4 p.), sur la réédition des Plaisirs et les Jours en petit format.

Proust, Marcel

Lettre à Gaston Calmann-Lévy (déc. 1898, 4 p.), sur la réédition des Plaisirs et les Jours en petit format

Auction Closed

May 11, 05:00 PM GMT

Estimate

6,000 - 8,000 EUR

Lot Details

Description

Proust, Marcel


Lettre autographe signée à Gaston Calmann-Lévy. [Avant le 22 décembre 1898.]


4 pages in-14 (178 x 115 mm), filigrane "Universal". Signé "Marcel Proust". Annotation à l'encre "Rép. le 22/12/98".


LETTRE INÉDITE. SUR LA REÉDITION DES PLAISIRS ET LES JOURS DANS UN FORMAT PLUS "ACCESSIBLE" : PROUST VEUT ÊTRE LU.


D’un caractère bibliophilique, imprimé en grand format, avec des illustrations d’un artiste mondain, Les Plaisirs et les Jours, publiés en juin 1896, s’étaient mal vendus : près de deux ans plus tard, Proust souhaite que paraisse une édition de petit format, plus accessible au grand public.


Il commence par rappeler que le frère de l'éditeur, Georges Calmann-Lévy, avait accepté de publier le livre "avec la promesse qu’il y aurait au moins une douzaine de dessins de Madame Lemaire", que finalement l’ouvrage en a compté beaucoup plus et que, ne voyant pas Proust "partisan d’un si grand format qui rendait le livre difficilement accessible à la masse des lecteurs à cause du prix m’avait dit que dès que cela serait possible on ferait une édition à 3 fr 50". Il ne réclame aucun droit d’auteur pour un livre qui n’a rien rapporté, mais il tient absolument à ce que cette édition à 3 fr 50 se fasse : "Tant qu’elle n’aura pas paru, je garderai vis-à-vis du public, comme si je n’avais pas encore été publié, les quelques amateurs de beaux livres qui ont acheté les Plaisirs et les Jours étant des gens riches qui ne lisent pas, et nullement les lettrés de qui je pourrais souhaiter d’être lu. J’attends donc en réalité la publication de mon premier livre. Voilà des années que je ne fais rien paraître en attendant toujours cette édition à 3 fr 50 qui ne vient pas et c’est comme un train arrêté sur la voie qui empêche les trains suivants de partir !" Il souhaite que l’édition paraisse en mars [1899].


Cette lettre inédite date de décembre 1898, comme en témoigne l'annotation "Rép[ondu] le 22/12/98" de l'éditeur. En septembre 1897, Proust avait déjà chargé Robert de Flers de se renseigner sur une possible réédition (Corr., II, n° 136), mais avait reçu une fin de non-recevoir : il n'y aurait aucune réédition possible tant que les exemplaires imprimés ne seraient pas vendus !