View full screen - View 1 of Lot 64. Le Robespierre des honnêtes gens. Manuscrit autographe signé. [mai 1873].

Barbey d'Aurevilly, Jules

Le Robespierre des honnêtes gens. Manuscrit autographe signé. [mai 1873]

Auction Closed

May 11, 05:00 PM GMT

Estimate

2,000 - 3,000 EUR

Lot Details

Description

Barbey d'Aurevilly, Jules


Le Robespierre des honnêtes gens. Manuscrit autographe signé. [1873].


2 pages in-4 (310 x 220 mm), à l’encre bleue, noire et rouge sur onglets coupés et remontés. Chemise doublée et étui moderne.


À LA VEILLE DE LA DÉMISSION D’ADOLPHE THIERS.


Barbey, adversaire acharné de la Troisième République, appelle de ses vœux un Robespierre des honnêtes gens.

"Nous ne sommes pas un imbécile philanthrope. Pour nous, ce n'est pas le sang qu'il fit couler qui est le crime de Robespierre : c'est la cause qui le fit couler". Pour gouverner la France, "cette nation soldat", il faut une épée et Adolphe Thiers, s’il a la finesse et le tact de l’avocat, n’en possède pas, pas plus qu’il ne possède l'affreux courage et la netteté politique de Robespierre.

"M. Thiers, qui joue à la redingotte [sic] grise avec sa redingotte marron, n'a pas pris en écrivant l'histoire de l'Empire, l'esprit soldat que cette histoire aurait dû lui donner. […] De là son règne, dans l'histoire des temps futurs, qui s'appellera le règne de l'avocasserie ; du maquignonnage, des ruses de palais, des tours de procureur, des discours ! Et ce règne même sera l'avocasserie vaincue par l'avocasserie !"

Barbey prédit que prochainement Gambetta lui coupera le sifflet mais qu'il sera à son tour obligé "de taire sa gueule démocratique pour parler le royal langage du Peuple-Roi, devant quelque autre claque-dent, devant quelque autre cliquette, devant quelque autre borborigme [sic] de cruche, dans ce pays livré, en attendant les Muets de l'action, aux bavarderies et aux mensonges de ces dentistes qu'on appelle des avocats ! […] Seulement, cet impuissant avocat d'Aix nous fait présentement souhaiter un autre Robespierre que l'avocat d'Arras. Ce serait celui des honnêtes gens. – Ce serait le dictateur d'une Convention conservatrice, et encore un dictateur armé ! Mme de Staël disait pour le diffamer, – et elle ne le diffamait pas autant qu'elle le croyait, la pauvre femme : Bonaparte est un Robespierre à cheval. Eh bien, c'est ce Robespierre-là qu'il nous faudrait !".


À la suite de la victoire du député républicain anti-clérical Désiré Barodet sur Charles de Rémusat, candidat conservateur du gouvernement et ami d’Adolphe Thiers, celui-ci démissionna de la présidence de la République le 24 mai 1873, laissant la place au général de Mac-Mahon.

Article recueilli dans Dernières Polémiques, 1891, avec quelques variantes.


Provenance : Robert Schuman (mars 1965).