View full screen - View 1 of Lot 90. AN ENAMEL AND GILT-BRONZE MOUNTS INDIAN TASTE VASE, SÈVRES, 1848, JACOB MEYER-HEINE (1805-1879) AND THÉOPHILE FRAGONARD (1806-1876).

AN ENAMEL AND GILT-BRONZE MOUNTS INDIAN TASTE VASE, SÈVRES, 1848, JACOB MEYER-HEINE (1805-1879) AND THÉOPHILE FRAGONARD (1806-1876)

Lot Closed

July 23, 02:27 PM GTNN

Estimate

15,000 - 20,000 EUR

Lot Details

Description

AN ENAMEL AND GILT-BRONZE MOUNTS INDIAN TASTE VASE, SÈVRES, 1848, JACOB MEYER-HEINE (1805-1879) AND THÉOPHILE FRAGONARD (1806-1876)


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VASE DANS LE GOÛT INDIEN EN ÉMAUX POLYCHROMES PEINTS SUR CUIVRE ET MONTURE DE BRONZE DORÉ, SÈVRES, 1848, PAR JACOB MEYER-HEINE (1805-1879), ASSISTÉ DE THÉOPHILE FRAGONARD (1806-1876)


formant carafe ornée d'entrelacs sur fond bleu et de motifs floraux dans des cartouches, la panse ornée de deux scènes peintes dans un cartouche représentant, épaulée de deux anses à cornes d'abondance terminées en enroulement et soutenues chacune par un muffle de lion, le piédouche orné de motifs floraux stylisés et reposant sur une base hexagonale ; signé MANUFACTURE NATIONALE DE SEVRES, portant les initiales JMH, et la date 1848 sous la base


Haut. 37 cm, larg. 20 cm, prof. 15 cm ; height 14½in., width 7¾in., depth 6 in.


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Exposition des produits des manufactures nationales, Paris, Palais national, 21 April 1850


Exposition des produits des manufactures nationales, Paris, Palais national, 21 avril 1850

COMPARATIVE LITERATURE

Vinchon, Notice sur les pièces qui composent l'exposition des Manufactures Nationales de porcelaine, vitraux et émaux de Se'vres de tapisseries et tapis des Gobelins, de tapisseries de Beauvais, Palais National, 21 April 1850, Paris, 1850 ;

Daniel Alcouffe, L'art en France sous le Second Empire, Grand Palais, Paris, 11 May – 13 August 1979, pp. 204-205 ;

Tamara Préaud, Derek E. Ostergard, The Sevres Porcelain Manufactory. Alexandre Brongniart and the Triumph of Art and Industry, 1800-1847, The Bard Graduate Center for Studies in Decorative Arts, New York, New Haven, London, 1997 ;

Anne Dion-Tenenbaum, « La renaissance de l'émail sous la monarchie de Juillet », Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. 163, Paris, 2005, pp. 145-164 ;

Pascal Massé, « Jacob Meyer-Heine (1805-1879) et l'atelier d'émaillage sur métaux à la manufacture de Sèvres », Sèvres, Revue de la société des amis du musée national de la céramique, n°20, 2011, pp. 105-114.


BIBLIOGRAPHIE COMPARATIVE

Vinchon, Notice sur les pièces qui composent l'exposition des Manufactures Nationales de porcelaine, vitraux et émaux de Sèvres de tapisseries et tapis des Gobelins, de tapisseries de Beauvais,

faite au Palais National le 21 avril 1850, Paris, 1850 ;

Daniel Alcouffe, L’art en France sous le Second Empire, Grand Palais, Paris, 11 mai – 13 août 1979, p. 204-205 ;

Tamara Préaud, Derek E. Ostergard, The Sevres Porcelain Manufactory. Alexandre Brongniart and the Triumph of Art and Industry, 1800-1847, The Bard Graduate Center for Studies in Decorative Arts, New York, New Haven, London, 1997 ;

Anne Dion-Tenenbaum, « La renaissance de l’émail sous la monarchie de Juillet », Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t. 163, Paris, 2005, p. 145-164 ;

Pascal Massé, « Jacob Meyer-Heine (1805-1879) et l’atelier d’émaillage sur métaux à la manufacture de Sèvres », Sèvres, Revue de la société des amis du musée national de la céramique, n°20, 2011, p. 105-114.

Placé à la frontière entre les arts décoratifs et les beaux-arts, l’émail peint revêt une importance particulière au XIXe siècle. En effet, malgré les avancées technologiques et les progrès de l’industrialisation, notamment dans le domaine de la chimie, l’art de l’émail demeura pendant longtemps entouré de mystère et comme auréolé de magie. Tombé dans l’oubli au cours du XVIIIe siècle, c’est en effet seulement vers 1830 que l’on commença à redécouvrir cette pratique. Dès lors et jusqu’au début du XXe siècle, l’émail connut une véritable renaissance. La mode des émaux et la parenté de cette technique avec la peinture sur porcelaine et sur verre aboutit à la création d’un atelier d’émail peint à la manufacture de Sèvres, en septembre 1845. Louis-Philippe, qui avait déjà fait ajouter aux activités de la manufacture un atelier de peinture sur verre, demanda qu’on reprenne « la fabrication des pièces émaillées à la manière des Limousins, en y apportant les perfectionnements qu’on doit attendre du progrès des sciences chimiques » (voir Anne Dion, op. cit., p. 159). Illustrant la diversification des productions de la manufacture au milieu du XIXe siècle, ce vase est un des rares témoignages qui nous soit parvenu des premières pièces produites par l’atelier d’émaillage sur métaux de la manufacture de Sèvres. Les différentes études qui ont été menées sur le sujet (voir Anne Dion et Pascal Massé, op. cit.), ont montré que la période la plus importante de cet atelier correspond aux années 1845-1847, avec un pic d’activité en 1846, peu avant l’Exposition des produits de l’industrie qui se déroula au Louvre, en juin de cette même année. En dehors des 14 petites plaques et des deux petites coupes conçues pour le cadre du tableau en porcelaine représentant Bernard Palissy brûlant ses meubles - acheté par le Metropolitan Museum of Art de New York en 2007 - aucune des œuvres présentées à l’Exposition des produits de l’industrie en juin 1846 ne nous est actuellement parvenue.


Le vase présenté est certainement l’une des deux « carafes n°3 en métal émaillé » entrées au magasin de vente le 18 décembre 1848 (Archives de la Manufacture Nationale de Sèvres) et présentées deux ans plus tard lors de l’Exposition des produits des manufactures nationales au Palais national, le 21 avril 1850, que l’on retrouve décrit au n°82 du catalogue : « Deux Vases. Hauteur… 0m, 37. Diamètre… 0m, 15. Fond bleu, décor dans le goût indien. Sujets peints sous fondant, composés et exécutés par M. Fragonard » (voir Vinchon, op. cit.). Le nom mentionné est celui de Théophile Fragonard (1806-1876), peintre de figures à la manufacture et fils du peintre Alexandre-Evariste Fragonard. Quant au monogramme JMH, présent au revers du pied de notre vase, celui-ci correspond aux initiales de Jacob Meyer-Heine (1805-1879), fondateur de l’atelier d’émaillage sur métaux à la manufacture de Sèvres. La monture en bronze est probablement d’Armand Feuchère qui collaborait régulièrement à cette époque avec la manufacture.


Ce vase constitue donc l’une des premières manifestations du goût indien dans les arts décoratifs et reflète l’éclectisme des productions de la manufacture à partir de la Seconde République. Les formes et les décors créés à cette époque furent souvent imaginés par Jules Diéterle, qui dirigea les travaux d’art à la Manufacture de 1848 à 1855, et exécutés dans le style indien ou Renaissance, comme le montre le cabinet dit d’Isabelle II d’Espagne conservé au Louvre ainsi qu’une petite coupe, datée 1851, conservée à Paris au musée des Arts et métiers.


Parallèlement, la Manufacture produisit d’autres vases indiens, de dimensions variables mais dont le décor d’inspiration analogue rappelle cependant plus les émaux champlevés. Un grand exemplaire est ainsi conservé au musée de Sèvres ; deux autres exemplaires, plus petits, sont conservés dans le vestibule de la chambre de l’impératrice à Fontainebleau.


L’atelier d’émaillerie sur métaux, comme celui de faïence, fermât ses portes en 1872. C’est aux recherches faites dans ces ateliers qu’on doit la redécouverte de l’émail peint et l’invention du décor pâte-sur-pâte en porcelaine.


Jacob Meyer-Heine (1805-1879)


Jacob Meyer-Heine, vit le jour à Paris le 13 mars 1805 dans une famille d’origine prussienne, installée à Paris dans le VIIe arrondissement, où son père exerçait la profession de « maître de langue ». A vingt-et-un ans il mit fin à son apprentissage dans l’atelier du peintre Dassas et travailla, d’après Falize, chez l’orfèvre Charles Wagner (1799-1841), comme lui d’origine prussienne. Le 3 mai 1837, il se maria avec Cécile Gaffé, issue de la diaspora juive du quartier du Marais, qui lui donna un fils prénommé Stéphane qui naquit en 1839. En 1840 Alexandre Brongniart, qui connaissait déjà la qualité de ses travaux sur émail pour Charles Wagner – et ce au moins depuis 1838, fit appel à Meyer-Heine pour fonder un atelier d’émaillage qui ouvrit ses portes en 1840. Le 1er janvier 1843, celui-ci abandonna son titre de « peintre en émail » et entra officiellement dans le personnel fixe de la Manufacture en qualité de peintre ornemaniste, mais conserva cependant des relations avec le milieu des orfèvres et joailliers parisiens au moins jusqu’en 1853. Jacob Meyer-Heine conserva son statut de peintre d’ornement jusqu’en décembre 1845, avant de passer 1er peintre émailleur, puis – à partir de 1848 – chef émailleur jusqu’à son départ à la retraite en 1873. Il fut naturalisé français en 1853 et en 1860, obtint un jugement en rectification du nom de Meyer en Meyer-Heine – afin qu’on ne puisse le confondre avec ses nombreux homonymes liés de près ou de loin avec la manufacture de Sèvres.


Fig. 1 : « Dernière réflexion », portrait de Jacob Meyer Heine par Félix Bracquemond, Sèvres, 1872.