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Statuette, Kongo , République Démocratique du Congo
Description
- Statuette, Kongo
- haut. 22 cm
- 8 2/3 in
Provenance
Transmise par descendance à l'actuel propriétaire
Condition
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Catalogue Note
Paul Guieysse (1841-1914) compte parmi les grands hommes de la Troisième République. Brillant érudit - polytechnicien, épris de philologie, égyptologue (directeur adjoint d'Egyptologie à l'Ecole des Hautes Etudes), et président de la société d'ethnologie - il se distingua également par son engagement sur le terrain des droits de l'homme et des réformes sociales, notamment sur la loi des retraites et le droit à l'éducation. Le 4 novembre 1895, il est nommé ministre des colonies du gouvernement Léon Bourgeois. Dans le contexte de la rivalité coloniale franco-britannique en Afrique, il ordonne la "Mission Congo-Nil", ou "mission Marchand". La réussite de la mission était subordonnée à sa rapidité, et l'une des étapes critiques était la longue "route des caravanes", reliant Loango à Brazzaville, qui traversait notamment le pays Kongo des Vili et des Yombé. Guieysse charge Savorgnan de Brazza, alors Commissaire général du Congo, de sa préparation (Michel, 1967 : 152 - 185). Il sera le dernier homme politique français à soutenir l'explorateur pacifiste, rappelé en France en 1897. Paul Guieysse n'était pas collects ionneur. Cette statuette qui lui a été offerte, fut selon toute vraisemblance collects ée en 1896, lors de la traversée Loango-Brazzaville.
Le personnage impose par son geste, par ses attributs (coiffe et charges magico-religieuses) et par la dignité de la pose et de l'expression, l'importance de son rang. Son statut est indiqué par sa coiffe mfu finement tissée de motifs géométriques, réservée aux chefs et dont elle porte donc le titre. Effigie commémorative d'une femme-chef, sa position agenouillée accompagnée des mains fermement posées sur les cuisses (fukama ye mooko va bunda, cf. Thompson, 1981 : 120), suggèrerait, selon Austin (in Tervuren, 1995 : 295), "que son corps fut le passage qu'empruntèrent un grand nombre d'âmes pour venir au monde". C'est vraisemblablement au regard de ce concept - lié à l'ancêtre fondatrice du lignage - qu'il convient d'interpréter cette œuvre, dont l'importance est signifiée par la - très rare - double charge rituelle. La cavité creusée à l'avant du cou indique en effet la présence d'une charge rituelle, doublant celle de l'abdomen, obturée par un miroir.
Au sein du corpus des statuettes Kongo, et notamment du style Vili auquel la rattachent l'extrémité en pointe de la coiffe, cette rare et ancienne statuette se distingue par l'égale attention accordée par l'artiste à la puissance de la tête et à la facture du corps. A l'idéal de beauté Kongo - bouche charnue très finement modelée, nez épaté et aquilin, yeux lenticulaires - répond celle des mains aux doigts effilés. La force exprimée par le visage et par la fermeté des volumes corporels est superbement mise en valeur par les nuances de la patine profonde. cf. Lehuard (1989 I : 231) pour une statuette apparentée.