Lot 24
  • 24

3 lettres autographes, au roi Louis XV, à Madame Adélaïde, et au cardinal de Fleury. Versailles, [vers 1740].

Estimate
2,000 - 4,000 EUR
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Description

  • Sophie de Noailles, comtesse de Toulouse
  • 3 lettres autographes, au roi Louis XV, à Madame Adélaïde, et au cardinal de Fleury.Versailles, [vers 1740].
La comtesse de Toulouse était née Sophie de Noailles. Son mariage tardif en 1723 avec le comte de Toulouse est un mariage d'amour. Ironie du sort, après avoir épousé en premières noces un petit-fils légit.mes de la marquise de Montespan, elle se marie après son veuvage avec un fils illégit.mes de la marquise et Louis XIV. La comtesse tient un salon très prisé, au château de Rambouillet, qui rivalisait par sa fréquentation et par son élégance avec celui de la duchesse du Maine à Sceaux. Le jeune Louis XV fréquente assidûment Rambouillet, où il chasse la journée entière avec son Grand Veneur, le comte de Toulouse. Il vouera sa vie entière une affection sincère à la comtesse, sa complice, dont la mort en 1766 l'affectera profondément. Elle avait donné au comte de Toulouse un fils, qui traversera ce siècle mortel pour la royauté avec souplesse et intelligence : Louis Jean Marie de Bourbon (1725-1793), le duc de Penthièvre,
Personnage exceptionnel, la comtesse de Toulouse obtint du roi une faveur absolument inédite : à la mort du comte en 1737, elle exerça la charge d'Amiral de France de son mari durant toute la minorité de son fils.


Catalogue Note

3 feuillets pliés de format in-12 (6 pages de 165 x 113 mm). Encre brunie sur vergé. Deux lettres sont datées du "7 novembre" et "16 janvier", et une est non datée.

- Une longue lettre au cardinal de Fleury, le premier personnage du gouvernement de Louis XV de 1726 à 1743, auquel s'adresse la comtesse de Toulouse pour la réception de son fils, le duc de Penthièvre. Cette réception (au Conseil ?)  par le roi ayant été sinon refusée, du moins conditionnée à la présence du Dauphin, la comtesse rédige une très touchante lettre dans laquelle elle exprime avec pudeur les sent.mes nts maternels d'une mère plaidant pour son fils : « j'aimerois mieux tout perdre que de courir le risque de deplaire au roy, mais j'ose esperer de la bonté de sa maiesté quelle voudra bien avoir de l'indulgence pour une mere qui par bien des raisons n'est occupée que des interets de son fils".
Cette lettre autographe sans en-tête et sans signature est vraisemblablement une copie pour mémoire de la comtesse.

- Une lettre de remerciements au roi pour « les nouvelles marques de bonté dont votre majesté vient d'honorer mon fils », probablement en rapport avec la demande qu'elle lui avait faite (voir lettre précédente) par l'entremise de Fleury. La lettre débute par un paragraphe barré mentionnant le comte de Saint-Florentin, lequel était depuis 1749 secrétaire d'Etat à la Maison du Roi. L'une des plus hautes charges de la cour, elle comprenait dans ses départ.mes nts la Vénerie, dont était chargé le duc de Penthièvre.
Tout comme la précédente, cette lettre autographe tint lieu de copie pour mémoire de la comtesse. Elle est datée « a paris le 7 novembre » vers 1750.

- Une lettre à « madame » concernant Elisabeth de France (1727-1759), l'aînée des dix enfants de Louis XV. Elle fut mariée au fils de Philippe V d'Espagne, et appelée dès lors « Madame Infante ». Lorsque cette princesse quitte Versailles le 30 août 1739 pour la cour d'Espagne, la comtesse de Toulouse est chargée de faire acheminer les biens d'Elisabeth. Elle mentionne ainsi « les envoys que iay fait faire a Madame Infante depuis le premier septembre dernier iusqu'à la fin de l'année». Datée « a Versailles ce 16 janvier 1740 », non signée, elle est aussi une copie à usage personnel.