Lot 97
  • 97

Rare statuette, Kongo / Vili, République Démocratique du Congo

Estimate
50,000 - 70,000 EUR
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Description

  • Rare statuette, Kongo / Vili
  • bois, verre, résine, métal, perles de verre
  • haut. 25 cm
  • 9 3/4 in

Literature

Reproduite dans :
Arts d'Afrique Noire, n° 46, 1983
Lehuard, Art Bakongo, les centres de style, vol. I, 1989 : 269, n° D 10-2-1

Catalogue Note

A l'intensité de l'expression - les yeux sertis d'éclats de verre - fait écho la force signifiée par les charges rituelles, l'une placée dans l'abdomen, l'autre émergeant sur la nuque, toutes deux fermées par un miroir. La dignité de la pose est accentuée tant par le parfait équilibre de la composition, que par la vigueur et la très grande finesse des modelés, notamment dans le rendu des détails anatomiques. Superbe jeu de matières, où la patine du bois aux nuances brun rouge est magnifiée par l'éclat des miroirs et des perles de verre bleues.

Très rares sont les statuettes nkisi portant deux charges obturées par un miroir, l'une sur l'abdomen, l'autre dans le dos - et plus précisément ici, sur la nuque.

Le corpus des sculptures Kongo adoptant la position agenouillé accompagnée des mains fermement posées sur les cuisses (fukama ye mooko va bunda, cf. Thompson, 1981 : 120), montre qu'il s'agit presque exclusivement de femmes. Parmi cet ensemble se distinguent plusieurs chefs-d'œuvre, comme la statue nkisi du musée Dapper (Thompson, 2002 : 114), ou encore le haut de canne en ivoire du musée de Tervuren (1995 : n° 34). A son sujet, Austin (in Tervuren, idem : 295) écrit : "sa posture suggère que son corps fut le passage qu'empruntèrent un grand nombre d'âmes pour venir au monde". C'est vraisemblablement au regard de ce concept - lié à l'ancêtre fondatrice du lignage - qu'il convient d'interpréter la rareté des deux charges rituelles et la très belle dignité de la représentation. 

Raoul Lehuard en situe la provenance dans la partie septentrionale de l'aire Vili, à la confluence des styles Lumbo et Punu au Nord, et du pur style Vili au Sud (1989 : 269).

A rare Kongo or Vili figure, Democratic Republic of the Congo

The intense expression of the glass inlaid eyes is matched by the power signified by the two ritual charges, one on the abdomen, and the other on the nape of the neck, both of which are sealed by a mirror. The figure's dignified stance is accentuated by the perfect equilibrium of the composition, and by the vigour and exceptionally fine quality of the modelling, which is particularly impressive in its rendering of anatomical details. Superb play between the different materials, the nuanced tones of the reddish-brown patina heightened by the glare from the mirror and the blue glass beads.

Nkisi figures mirror sealed charges on both the front and back are particularly rare.

The corpus of Kongo figures which adopt a kneeling pose with the hands firmly placed upon the thighs (fukama ye mooko va bunda, cf. Thompson, 2002: 114) are almost exclusively of women. Amongst this group are several notable masterpieces, such as the nkisi figure at the musée Dapper (Thompson, 2002: 114), or the ivory staff finial in Tervuren (1995: no. 34). Austin notes that 'this posture suggests that the body was a vessel which allowed a great number of souls to enter the world' (in Tervuren, ibid. 295). The great dignity of the offered figure's pose and its two ritual charges can quite probably be attributed to this concept of a founding female ancestor.

Raoul Lehuard suggests that this figure originates in the northern part of the Vili area, at the junction of the Lumbo and Punu styles of the north and the pure Vili style of the south (1989: 269).