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XXe siècle ─ lots 145 à 228

Aragon, Louis

Une vague de rêves. [Paris], Hors Commerce, [1924]. Broché. Rare édition originale. Envoi à Man Ray, puis à Pierre Bergé.

No reserve

Lot Closed

October 28, 03:29 PM GMT

Estimate

2,000 - 3,000 EUR

Lot Details

Description

Aragon, Louis

Une vague de rêves.

[Paris], Hors Commerce, [1924].

 

Le manifeste surréaliste d'Aragon, publié la même année que celui de Breton.


Envoi à Man Ray puis à Pierre Bergé.

 

In-8 (237 x 185 mm). Broché.

 

Rare édition originale, constituée d'un tirage à part du numéro 2 de la revue Commerce.

Il n'a pas été tiré de grand papier. 

 

Double envoi autographe signé d’Aragon sur le faux-titre :

- à Man Ray :

"─ à Man Ray, mon

 sanguinaire ami

Louis Aragon ─"

 

- à Pierre Bergé, en 1976 :

"… Et comme à l’usage de Pierre Bergé,

ici s’élève la voix d’un jeune homme

qu’il n’a pas pu connaître, de sa part,

au junum [sic]… qu’il me soit permis de

transmettre ici comme une petite maladie

d’ami, les songes d’alors qui tendaient vers

la fin à prendre un

dangereux goût de

peu dans les lèvres de l’idéal-lecteur

un goût de jeu démodé en ce temps déjà

généralisé comme une péritonite

dont, hélas on ne meurt pas

Aragon

ce 2 mars 1976".

 

"Publié dans la revue Commerce à l'automne 1924, ce texte marque la naissance officielle du mouvement surréaliste, à l'instar du Manifeste du Surréalisme de Breton [...]. Écrits parallèles, ils sont d'ailleurs issus d'un projet commun entre Soupault, Breton et Aragon qui devait se nommer Lettre à l'Aurore, mais qui ne s'est jamais réalisé. Tous deux publiés en octobre de la même année, la rédaction d'Une vague de rêves semble toutefois terminée plus rapidement [...] En ce sens, si cet ouvrage paraît délaissé ou minimisé par la critique en comparaison avec le manifeste de Breton, son importance reste majeure dans la fondation du Surréalisme. " (Vlasie).


Man Ray est certainement l’un des artistes les plus célèbres du surréalisme avec Max Ernst, Hans Arp, Miró ou encore Picasso, Dalí et Magritte. 

Né en 1890 à Philadelphie, il débarque au Havre le 14 juillet 1921 et rejoint directement Paris où Marcel Duchamp l'accueille chez lui. Dès ce soir-là, il rencontre le groupe surréaliste parmi lesquels Aragon, Breton, Éluard, Gala, Fraenkel, Rigaut et Soupault. Très vite, il emménage à Montparnasse et fait la connaissance de Kiki, qui deviendra un de ses modèles de prédilection. En 1922, il photographie nombre de ses amis surréalistes et s’installe au 31bis rue Campagne Première. Ses portraits seront alors publiés dans Vanity Fair. Il collabore à différents ouvrages : de Breton, Nadja en 1928 ; de Paul Éluard, Facile en 1935, recueil où il sublime le corps de Nusch ou Les Mains libres en 1937 illustré de ses dessins ; d’Aragon et Péret, 1929, illustré de 4 photographies pornographiques ; La Photographie n’est pas l’art, avec un avant-propos de Breton…

 

Cet exemplaire appartint par la suite à Pierre Bergé, qui en parfait bibliophile, réclama un envoi à Aragon sous celui qu’il fit à Man Ray des années plus tôt. Aragon et Pierre Bergé se rencontrèrent à la fin des années 1940. À la mort d’Elsa Triolet, Bergé fut un court instant le secrétaire particulier d’Aragon. Proches, leur amitié fut parsemée de brouilles et de réconciliations.

Pierre Bergé le considérait comme un de nos plus grands poètes, et en 2003, dans Les jours s’en vont et je demeure, il l’évoque ainsi : "Comment ne pas admirer, sans restriction, le poète et l'écrivain qu'il fut ? L'auteur d'Aurélien, du Paysan de Paris, des Cloches de Bâle, de La semaine sainte ? de tant de poèmes parmi les plus beaux de notre langue ? Comment pourrais-je oublier ce vers que j'ai lu lorsque j'avais quinze ans, qui me fit découvrir la poésie de mon époque, ce vers digne de Charles d'Orléans, que je n'ai cessé de me répéter depuis : "La rose pour mourir a simplement pâli. Doucement doucement doucement elle oublie…"vers extrait de La Diane française publié en 1944.

Man Ray (envoi).


Pierre Bergé (non présenté dans ses précédents catalogues).

Vlasie, Dictionnaire Aragon, II, 2019, p. 976.

"Ce texte d'Aragon est un peu son Manifeste du surréalisme. Il devait d'ailleurs effectivement 'concurrencer' le texte de Breton : publié la même année, il est porté par la même ambition de "lancer" le S. naissant et, au-delà, d'inaugurer une nouvelle ère de la pensée" (Biro, Dictionnaire général du surréalisme, p. 417).