“These are simply the paintings of our life together, the paintings he gave to me. […] they have never left.mes since those days.”
- Pierre Bergé

Witnesses of their youthful love, the ten works by Bernard Buffet presented in this sale were all given to Pierre Bergé by the artist over the years of their friendship between 1950 and 1958.

The two men met at the Galerie Visconti, rue de Seine. Bernard Buffet, then only 22 years old, was already famous, hailed by critics as the new talent of figurative painting. Pierre Bergé, two years his junior, was then a bookseller's assistant. Their years together were those during which Buffet achieved celebrity and popular recognition. The exhibition One Hundred paintings from 1944 to 1958 by Bernard Buffet organized at the Galerie Charpentier in 1958 was met with memorable success, drawing crowds packed into the gallery’s rooms and almost creating a riot.

Some t.mes after their meeting in the spring of 1950, Bernard Buffet and Pierre Bergé moved away from Paris to Provence, not far from the house of their friend, writer Jean Giono, in Manosque. In Nanse, an isolated former shepherd's cottage, they set up their home and a studio for Bernard Buffet, who would paint major works there.

Pierre Bergé and Bernard Buffet in front of the farm of Nanse in 1951-1952. Courtesy Galerie Maurice Garnier.

Several of the paintings presented in the sale evoke the moving memories of Buffet and Bergé's life together in Nanse, including Atelier à Nanse, Salle à manger à Nanse, and Nanse, which represents the house from the outside. All these works depict the couple's frugal way of life which at the t.mes revolved entirely around the artist's creative process.

L’Atelier à Nanse, depicting the artist’s studio, the central room in Nanse's house, is particularly moving. Pierre Bergé remembered this place: “It was extremely untidy! […] He did not want anyone to enter. He did not work with a palette but mixed colours directly on a table cluttered with paint tubes, rags and bottles. […] He never used an easel.” (Pierre Bergé, in Jérôme Coignard, Bernard Buffet, Les années 1950, Entretien avec Pierre Bergé, Paris, 2016). By choosing to depict an easel at the centre of his composition, Buffet seems to see the studio view as an allegory of the creative process and not as a faithful retranscription of his working space.

Bernard Buffet in his studio in Nanse in 1952. Courtesy Galerie Maurice Garnier.

These works, the ultimate testimony to the history that united Pierre Bergé and Bernard Buffet, were all kept by Bergé for over half a century, until his death. They evoke what made Bernard Buffet great in his eyes: an infallible draughtsman who painted in a modern style while drawing on the art of the old masters; an artist who, after the great masters of the previous centuries, made a mark with the simplicity of his still lifes; and a painter of character, tracing powerfully expressive bodies and faces from memory.

Emblematic of the innovative style that Buffet developed at the end of the 1940s, combining sharp graphics and an austere palette, the works in this selection - whether portraits, landscapes or still lifes – illustrate Buffet's obsession with the tragic solitude of man. As Pierre Bergé pointed out, "Buffet is present everywhere in his paintings [...] Jean Cocteau claimed that a painter always makes his own portrait, even with a landscape or a still life. This is particularly true for Buffet. He looks like his paintings".

With many of these works personally dedicated by the artist to Pierre Bergé, this selection of ten emblematic works is a unique and deeply moving testimony to the relationship between these two exceptional personalities.


“Ce sont tout simplement les tableaux de notre vie ensemble, les tableaux qu’il m’a donnés. […] Ils ne m’ont jamais quitté depuis l’époque de notre vie commune.”
- Pierre Bergé

Témoins de leur amour de jeunesse, les dix œuvres de Bernard Buffet présentées ci-après ont toutes été offertes par le peintre à Pierre Bergé pendant leurs huit années de vie commune, entre 1950 et 1958.

Les deux hommes se rencontrent à la Galerie Visconti, située rue de Seine, au printemps 1950. Bernard Buffet, qui n’a alors que 22 ans, est alors salué par la critique comme le nouveau talent de la peinture figurative. Pierre Bergé, de deux ans son cadet, est alors l’assistant d’un libraire. Leurs années de vie commune sont celles au cours desquelles Buffet accédera à la célébrité et à la reconnaissance populaire. En témoigne l’exposition organisée en 1958 à la Galerie Charpentier, Cent tableaux de 1944 à 1958 par Bernard Buffet, qui connut un succès mémorable, suscitant presque une émeute tant était dense la foule dans les salons.

Peu de temps après leur rencontre, à la demande de Buffet, les deux hommes s’établissent loin de Paris, en Provence, non loin de la maison de leur ami Jean Giono à Manosque. A Nanse, une ancienne bergerie isolée, ils aménagent leur maison et un atelier pour Bernard Buffet, qui y peindra nombre de ses œuvres majeures.

Plusieurs des œuvres ici présentées évoquent ces moments passés à Nanse, qu’il s’agisse de l’Atelier à Nanse, de la Salle à manger à Nanse ou encore de Nanse, qui représente la maison vue de l’extérieur. Toutes ces œuvres retranscrivent la frugalité du mode de vie du couple, alors entièrement tournée autour du processus de création de l’artiste. L’Atelier à Nanse, pièce éminemment centrale de la maison de Nanse, est particulièrement émouvant. Pierre Bergé parlait en ces termes de ce lieu de création : « C’était un désordre extrême ! […] Il ne voulait pas qu’on y entre. Il ne travaillait pas avec une palette mais mélangeait direct.mes nt ses couleurs sur une table encombrée de tubes, de flacons, de chiffons. […] Il n’utilisait jamais de chevalet. » (Pierre Bergé, in Jérôme Coignard, Bernard Buffet, Les années 1950, Entretien avec Pierre Bergé, Paris, 2016). En choisissant de représenter un chevalet au centre de sa composition, Buffet semble ici envisager la vue d’atelier en tant qu’allégorie du processus créatif et non comme une retranscription fidèle de son espace de travail.

Bernard Buffet, L’Atelier, 1956, Private collects ion. Sale Replica Shoes ’s Paris, Pierre Bergé, From One Home to Another, October 29, 2018, lot 40. Sold for $ 487 500. © ADAGP, Paris, 2022.

Ces œuvres, ult.mes témoignage de l’histoire ayant uni Pierre Bergé à Bernard Buffet, ont toutes été conservées par Bergé pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’à sa mort. Elles lui évoquaient en effet ce qui faisait à ses yeux la grandeur du peintre : un dessinateur infaillible qui peignait ‘‘moderne’’, tout en se nourrissant de l’art des maîtres anciens, un artiste qui imposait l’épure de ses natures mortes, un peintre de figures, traçant de mémoire des corps et des visages puissamment expressifs.

Emblématiques du style extrêmement novateur que développe Buffet dès la fin des années 1940, combinant graphisme acéré et austérité de la palette, les œuvres de cette sélection – qu’il s’agisse des portraits, des paysages ou des natures mortes – illustrent l’obsession de Buffet pour la solitude tragique de l’homme. Ainsi que le soulignait Pierre Bergé, « Buffet est présent partout dans ses toiles. […] Cocteau prétendait qu’un peintre fait toujours son portrait, même avec un paysage ou une nature morte. Cela est particulièrement vrai pour Buffet. Il ressemble à ses toiles ».

Pour la plupart dédicacées à Pierre Bergé, ces œuvres sont un ult.mes témoignage particulièrement émouvant de la relation entre deux personnalités d’exception.