Conceived in 1956, Figurine stands at the crossroads between the “years of decision” and the “great work” as described by Yves Bonnefoy in Alberto Giacometti, Biographie d'une œuvre (Flammarion 1991). The author devotes considerable thought to this period: “The work of the 1950s, which I must also stress is as complex as it is rich: perhaps the most intense moment in Giacometti’s entire life.” (p. 340)
L'Homme qui marche (1947) and Le Chariot (1950) came before. Figurine dates from the same t.mes as another major work: Les Femmes de Venise, a celebration of verticality and the female form. It was the momentous year of the Venice Biennale and the landmark exhibition in Bern. Two years later, the bronzes of these static Venetian silhouettes were exhibited at Pierre Matisse's gallery in New York.
Figurine was created during this period of intense activity and full artistic maturity. Motionless and hieratic, it embodies the artistic explorations of a 55-year-old artist. This focus is evident in the deliberately reduced scale of the figure and its restrained presence in space. The modeling is rich and worked in depth, yet without perforations; the figure is formed in a single, compact whole – withdrawn yet noble. The base, often a counterpoint to apparent fragility, anchors the piece firmly, even emphatically.
Like an idol of an Existentialism diffused by Sartre and his followers into the spirit of the age, Figurine holds much and transcends its t.mes .
Conçue en 1956, Figurine est à la croisée des « années de la décision » et du « grand œuvre » dans l’ouvrage d’Yves Bonnefoy, Alberto Giacometti, Biographie d’une œuvre (Flammarion 1991). L’auteur y considère longuement « Le travail des années 1950, dont je dois souligner d’ailleurs qu’il est aussi complexe que riche : le moment le plus intense peut-être dans toute la vie de Giacometti » (p. 340).
L’Homme qui marche (1947) et Le Chariot (1950) sont passés par là. Figurine date d’une autre œuvre majeure : Les Femmes de Venise, célébration s’il en est de la verticalité et de la figure féminine. C’est la très intense année de la Biennale de Venise et de la grande exposition de Berne. Deux ans plus tard, les bronzes de ces silhouettes vénitiennes et statiques sont exposés chez Pierre Matisse à New York.
Figurine est conçue dans cette période de grande activité et de maturité. Immobile et hiératique, elle concentre les recherches d’un artiste qui a alors cinquante-cinq ans. Cette concentration s’opère dans la taille du modèle et son empreinte volontairement réduites dans l’espace. Le modelé est fouillé mais point d’ajours ; la figure est d’un seul tenant, ramassée sur elle-même mais très noble. La base, comme souvent un contrepoint à la fragilité apparente, l’ancre largement, voire exagérément. Comme l’idole d’un Existentialisme que Sartre et ses élèves diffusent dans l’air du temps, Figurine incarne beaucoup et transcende son époque.