A composition of exceptional complexity, Saint Sebastian stands as a work that provides a total immersion into Francis Picabia’s dreamlike universe. In the late 1920s and early 1930s, Picabia painted a series of works known as the Transparencies. This series of works named derives its name from multiple layers of overlapping imagery, combined with great virtuosity and achieving a cinematic effect. The first few works of this cycle were painted in 1927 and the early examples from this series were exhibited at Théophile Briant’s gallery in Paris in 1928. The year 1929, during which Saint Sebastian was made, marked the beginning of the second period of transparencies, with works of increasing complexity and refinement. These complex, poetic compositions draw from the aesthetic canons of the Italian Renaissance and classical art.
A work of breathtaking virtuosity, composed of intertwined faces alongside figures of animals and vegetation, the composition of Saint Sebastian is full of numerous pictorial and artistic sources. From this point of view the Transparencies are symptomatic of a return to the Renaissance which runs throughout this period and indeed the entirety of Picabia's oeuvre. Following in the footsteps of the artists he had studied such as Dürer, Piero della Francesca and Botticelli, he borrowed a recurring theme from this period of history where Humanism and Neo-Platonist ideals dominated: the martyr of Saint Sebastian.
A central figure in Picabia's oeuvre, he was no doubt inspired by the Saint Sebastian by Piero della Francesca's Polyptych of the Misericordia housed in the Museo Civico in Sansepolcro. However, the arms of the Francesca’s work were changed to approximate those of the “Venus Pudica” by Sandro Botticelli, an iconic figure used by the Renaissance Master in The Birth of Venus (Uffizi, Florence) or in the Venus housed in the Gemäldegalerie der Staatlichen Museen in Berlin. The transparent nude figure on the left below the saint is reversed from a drawn study for The Vow of Louis XIII (Musée Ingres, Montauban).
Saint Sebastian is a work of great evocative power where the multiplication of iconographic references and the visual layering of planes and images all contribute towards a singular aim: the recreation of the real in a paired down t.mes and space. As explained by Léonce Rosenberg, "The transparencies are the association of the visible and the invisible... It is this notion of t.mes added to that of space which precisely constitutes the doctrine of your art. Beyond the instantaneity towards the infinite, such is your ideal." (Léonce Rosenberg, preface to the exhibition "30 ans de peinture", Paris, 1930).
Composition à la complexité exceptionnelle, Saint Sébastien est une véritable plongée au cœur de l’univers onirique de Francis Picabia. A la fin des années 1920 et au début des années 1930, Picabia peint un cycle d'œuvres connues sous le nom de Transparences. Le nom de cette série d’œuvres provient de la technique utilisée par Picabia, consistant à juxtaposer avec virtuosité images et formes pour aboutir à la sensation d’une troisième dimension. Les premières œuvres de ce cycle emblématique furent exécutées en 1927 et exposées à la galerie Théophile Briant à Paris dès 1928. 1929, année de création de Saint Sébastien, inaugure la seconde période des transparences, avec des œuvres à la complexité et au raffinement accrus. Le plus souvent, ces compositions complexes et poétiques puisent leurs sources dans les canons esthétiques de la Renaissance italienne et de l’art classique.
Œuvre à la virtuosité époustouflante, composée de visages, figures animales et végétales entremêlés, Saint Sébastien est jalonné de multiples références picturales et artistiques. Les Transparences sont, de ce point de vue, symptomatiques du retour à la Renaissance qui s'opère dans ces années et dans tout l'œuvre de Picabia. Au-delà des artistes qu'il connait et étudie au premier rang desquels Dürer, Piero della Francesca ou encore Botticelli, c'est un thème récurrent qu'il emprunte à cette période de l'histoire où dominent humanisme et idéal néo-platonicien : celui du martyre de Saint-Sébastien.
Figure centrale de l'œuvre de Picabia, il lui a été inspiré par le Saint Sébastien du Polyptique de la Miséricorde de Piero della Francesca conservé au Museo Civico de Sansepolcro. Toutefois, Picabia en a modifié la position des bras pour les remplacer par ceux de la Vénus pudique de Sandro Botticelli, figure reprise par le Maître de la Renaissance dans sa Naissance de Vénus (Musée des Offices, Florence) ou dans sa Vénus aujourd’hui conservée à la Gemäldegalerie der Staatlichen Museen à Berlin. La figure du nu féminin à gauche en-dessous du saint est quant à elle empruntée à un dessin de Jean-Auguste-Dominique Ingres, étude pour Le Vœu de Louis XIII (Musée Ingres, Montauban).
Saint Sébastien est ainsi une œuvre d'une grande puissance évocatrice où la multiplication des références iconographiques et la stratification visuelles des plans et des images participent d'une même intention : la recréation du réel dans un espace-temps démultiplié. Pour reprendre les termes de Léonce Rosenberg, "Les transparences sont l’association entre le visible et l’invisible. C’est cette notion du temps, ajoutée à celle de l’espace, qui constitue précisément la doctrine de votre art. Au-delà de l’instantanéité, vers l’infini, tel est votre idéal." (Léonce Rosenberg, préface à l'exposition "30 ans de peinture", Paris, 1930).
Cette œuvre a fait l'objet d'une demande de prêt par le Musée Ingres Bourdelle à Montauban (France) pour l'exposition "Ingres/Picabia" qui se tiendra de juillet à octobre 2022.