Honoring the Restituted Works of Pierre-Auguste Renoir and Alfred Sisley | Replica Shoes 's
Executed around 1870, this is one of the earliest known works by Alfred Sisley. At the dawn of his thirties, he was exploring and developing his technique, still inspired by 19th-century painters, but which would soon become truly Impressionist. Vue d’un port, les péniches, particularly large in scale compared to the rest of the artist's work, is nonetheless a decisive canvas, marking the beginning of the outdoor painting that was to become the leitmotif of the Impressionist movement. Although the site depicted is not firmly identified, we do know that Sisley presented two views of the Canal Saint-Martin at the 1870 Salon, so it is likely that the scene is set in the surrounding area, or more generally on the Seine.
More than any other Impressionist artist, Sisley is a master of the landscape. In a letter to his friend Adolphe Taevernier, he defined himself as a “landscape painter”, in the tradition of the French School of the first half of the 19th century: “Which painters do I like? To mention only the contemporaries: Delacroix, Corot, Millet, Rousseau, Courbet, our masters. All those who loved nature and felt strongly...” (Sisley to Adophe Taevernier, January 1892; quoted in A. Taevernier, preface to the exhibition catalog L'Atelier d'Alfred Sisley, Paris, galerie Bernheim-Jeune, 1907, p. 10). For the artist, the variations of light and seasons, and everything that sets the environment in motion, are no less complex and captivating than facial expressions and the delicate art of portraiture. However, Sisley's choice of subject - a harbour of barges with an industrial allure - distances him from the traditional heritage of the turn of the century, and places him here as an observer of the modern landscape.
After the Prussian siege of Paris in 1871, Sisley decided to leave Paris and settle with his family in the village of Louveciennes, a move that brought a new freshness to his artistic and stylistic experiments, and fully marked the beginning of his consecration as an Impressionist painter.
Like Renoir's painting Deux femmes nues, guirlandes et feuillages de fruit (lot 114), this Vue de port, les Péniches was owned by gallery owner Grégoire Schustermann when the Nazis occupied Paris. From June 1940, the German army command moved into the Hotel Majestic, located opposite Grégoire Schusterman's gallery on avenue Kléber. Faced with the immediate danger, the gallery owner decided to terminate his lease in the autumn of 1940. In March 1941, he was informed that he was wanted by the Gestapo for deportation, and decided to flee to the free zone in the South of France. We know today that he was forced to sell the work in early March 1941 to the art dealer Raphaël Gérard. Gérard, also a gallery owner, lived in the same 16th arrondissement as Renoir, and sold many works to German buyers during this period. The present work was soon acquired by Munich gallery owner Maria Gillhausen through Adold Wüster. At the end of the war, Sisley's Vue d'un port, les péniches was found in the Rhineland at the home of a relative of Maria Gillhausen. It was transported to the Central collects ing Point in Baden-Baden before being repatriated to France where it was entrusted to the care of the Musée du Louvre in 1950. In 1954 the painting was deposited with the Dieppe Museum.
Meanwhile, and back into his apartment in the 16th arrondissement, Grégoire Schusterman took steps to recover the works he had been forced to sell in 1941, as evidenced by his dealings with the Commission de récupération artistique (CRA) set up by the government in 1944. These efforts, which came to nothing during his lifet.mes , were pursued by his heirs from 2022 onwards. The two works were officially returned to the dealer's family on May 16, 2024.
Exécuté vers 1870, la présente œuvre est l’une des premières que l’on connaisse d’Alfred Sisley. Alors à l’aube de la trentaine, celui-ci explore et développe sa technique, encore inspirée des peintres du XIXème siècle, mais qui deviendra bientôt véritablement impressionniste. Vue d’un port, les péniches, de dimensions particulièrement conséquentes par rapport au reste des œuvres de l’artiste, n’en demeure pas moins une toile déterminante en ce qu’elle marque le début de cette peinture en extérieur qui sera le leitmotiv du mouvement impressionniste. Si le site représenté n’est pas fermement identifié, l’on sait que Sisley présente au Salon de 1870 deux vues du Canal Saint-Martin, aussi est-il probable que la scène se situe dans les environs, ou plus généralement sur la Seine.
Plus encore que tout autre artiste impressionniste, Sisley est le maître du paysage. Il se définit d’ailleurs lui-même comme « paysagiste » dans une lettre à son ami Adolphe Taevernier, et s’inscrit dans la lignée de l’Ecole française de la première moitié du XIXème siècle : « Quels sont les peintres que j’aime ? Pour ne parler que des contemporains : Delacroix, Corot, Millet, Rousseau, Courbet, nos maîtres. Tous ceux qui ont aimé la nature et qui ont senti fort.mes nt… » (Sisley à Adophe Taevernier, janvier 1892 ; repris dans A. Taevernier, préface au catalogue de l’exposition L’Atelier d’Alfred Sisley, Paris, galerie Bernheim-Jeune, 1907, p. 10 »). Pour lui en effet, les variations de la lumière et des saisons, et tout ce qui met l’environnement en mouvement ne sont pas moins complexes et captivants que les expressions du visage et l’art délicat du portrait. Par le choix du sujet, ce port de péniches aux allures industrielles, Sisley prend toutefois de la distance par rapport à l’héritage traditionnel du début du siècle et se place ici en observateur du paysage moderne.
Après le siège prussien de Paris de 1871, Sisley décidera de quitter Paris pour s’installer avec sa famille dans le village de Louveciennes, départ qui apportera une nouvelle fraîcheur à ses expérimentations artistiques et stylistiques, et qui marquera pleinement le début de sa consécration en tant que peintre impressionniste.
A l’instar du tableau de Renoir, Deux femmes nues, guirlandes et feuillages de fruit (lot 114) cette Vue de port, les Péniches est la propriété du galeriste Grégoire Schustermann lorsque les nazis occupent Paris. A partir de juin 1940, le commandement de l’armée allemande s’installe à l’hôtel Majestic, situé en face de la galerie de Grégoire Schusterman avenue Kléber. Face au danger immédiat, le galeriste décide de résilier le bail de sa galerie dès l’automne 1940. En mars 1941, il est informé qu’il est recherché par la Gestapo en vue d’être déporté et décide de fuir en zone libre dans le Sud de la France. Nous savons aujourd’hui qu’il fût contraint de vendre l’œuvre début mars 1941 au marchand d’art Raphaël Gérard. Celui-ci, galeriste également, demeurait dans la même rue du 16ème arrondissement que lui, et vendit de nombreuses œuvres à des acheteurs allemands pendant cette période. La présente œuvre fut rapidement acquise par la galeriste munichoise Maria Gillhausen par l'intermédiaire d'Adolf Wüster. A la fin de la guerre, Vue d'un port, les péniches de Sisley est retrouvé en Rhénanie chez une parente de Maria Gillhausen. Celui-ci fut transporté au Central collects ing Point (point de rassemblement des œuvres) de Baden-Baden avant d'être rapatrié en France et confié en 1950 à la garde du musée du Louvre et déposé au musée de Dieppe en 1954.
Dans le même temps, et alors qu’il retrouve son appart.mes nt du 16e arrondissement, Grégoire Schusterman entreprend des démarches afin de pouvoir retrouver les œuvres qu’il avait été contraint de céder en 1941, ainsi qu’en attestent ses échanges avec la Commission de récupération artistique (CRA) mise en place par le Gouvernement en 1944. Ces démarches, restées sans résultat de son vivant, ont été poursuivies par ses ayants-droit à partir de 2022. La restitution des deux œuvres à la famille du marchand a officiellement lieu 16 mai 2024.