These four decorative panels were commissioned by the collects or Guy Weisweiller from Raoul Dufy in 1928 for the salon of his villa L'Altana in Antibes. The decorative programme begins at the back of the salon with The Obelisk, continues with The Caravelle, which links the large bay of the salon to The Parrots, and then ends with The Aqueduct. Dufy scatters parrots, butterflies, putti, conch shells and wavelets over the sea. Refusing any temporal or spatial references the artist creates an immersive infinite space, a majestic parenthesis of perpetual summer.
Undoubtedly inspired by the sparkle and joy of the Côte d'Azur, Dufy applies dynamic lines, which freely yet harmoniously overflow the green and blue flat tints, to his bright colors. The apparent ease of creation, however, conceals an intense reflection, numerous sketches and a great mastery of color and composition. In his paintings, Dufy tried to transcribe a reality made of personal impressions and feelings, thus justifying the independence of form and color. To achieve this, he experimented and thanks to his knowledge of wood engraving, Dufy combined the study of line with speed of execution. His practice of watercolor also enabled him to associate color and drawing in a single stroke. As his style asserted itself, his flat tints widened and his lines blossomed, light and graceful. The Dufy Style was born and the artist synthesized his research with the theory of "couleur-lumière " (color-light). He explained it in these terms: "I was spontaneously led towards what was to become my real preoccupation. I had discovered a system, whose theory was this: to follow the light of the sun is a waste of t.mes . Light in painting is something completely different: it is a light distributed throughout the composition, a ‘couleur-lumière’. Don't think that I confuse color with painting. However as I make color the creative element of light, which must never be forgotten, color in itself being nothing but a generator of light in my eyes, it is clear that in this role, with drawing, it is the great builder of painting, the great element”. (Dora Perez-Tibi, Dufy, New York, 1989, pp. 23-24).
Dufy's universe is also a repertoire of recurring motifs, constantly expanded by the artist's abundant production. In these panels, Dufy introduces the motifs of his silk squares made with Bianchini-Férier, a still life from his xylographs, an aqueduct used in a tapestry or an obelisk, which he painted in his landscapes of the southern French town of Hyeres. The leaves of arums and nasturtiums imprint their motifs on the sea, evoking wood block techniques and the patterns for the dresses created by Dufy.
Reinforced by the abolishment of perspective, the ensemble thus takes on a highly decorative mural aspect. In fact, this ambitious work inaugurates Dufy's decorative cycles. Prolific, the artist subsequently produced the decorations for Dr Viard's dining room (1927-33), the bar and smoking room at the Chaillot theater (1938), the triptychs for the monkey enclosures in the Jardin des Plantes (1939) and, above all, the Fée Electricité, commissioned for the Palais de la Lumière et de l'Électricité at the 1937 Universal Fair.
Ces quatre panneaux décoratifs proviennent d’une commande du collects ionneur Guy Weisweiller à Raoul Dufy en 1928, pour le salon de sa villa à Antibes, L’Altana. Le décor commence au fond du salon avec L’Obélisque, se poursuit avec La Caravelle qui relie la grande baie du salon aux Perroquets puis se conclut par L’Aqueduc. Dufy dissémine perroquets, papillons, putti, conques et vaguelettes par-dessus la mer. Refusant tout indice temporel ou spatial, il crée un espace infini immersif, une parenthèse estivale, perpétuelle et impériale.
Sans doute inspiré par la fraîcheur et la gaieté de la Côte d’Azur, Dufy appose sur ses couleurs éclatantes des lignes dynamiques qui débordent librement mais harmonieusement des aplats verts et bleus. L’apparente facilité de création dissimule cependant une intense réflexion, de nombreuses esquisses et une grande maîtrise des couleurs et de la composition. En effet, Dufy tente dans sa peinture de retranscrire une réalité composée d’impressions et de ressentis personnels, justifiant ainsi l’indépendance de la forme et de la couleur. Pour cela, il expérimente. Grâce à son initiation à la gravure sur bois, Dufy associe cette étude de la couleur à la rapidité d’exécution. Sa pratique de l’aquarelle lui apprend également à associer en un seul trait couleur et dessin. A mesure que son style s’affirme, ses aplats s’élargissent et ses tracés s’épanouissent, légers et graciles. Le Style Dufy est né. Il synthétise ses recherches par la théorie de la “couleur-lumière” qu’il explique en ces termes : "J’avais découvert mon système dont voici la théorie : à suivre la lumière solaire on perd son temps. La lumière de la peinture, c’est tout autre chose : c’est une lumière de répartition, de composition, une couleur-lumière. […] Ne croyez pas que je confonde la couleur avec la peinture. Mais comme je fais de la couleur l’élément créateur de la lumière, ce qu’il ne faut jamais oublier, la couleur par elle-même n’étant rien à mes yeux que génératrice de lumière, on voit qu’elle est dans ce rôle, avec le dessin, le grand bâtisseur de la peinture, le grand élément.” (cité dans Dora Perez-Tibi, Dufy, New York, 1989, pp. 23-24).
L’univers de Dufy se compose par ailleurs d’un répertoire de motifs récurrents, sans cesse étoffé par la production abondante de l’artiste. Dans ces panneaux, Dufy introduit donc les arras de ses carrés de soie réalisés avec Bianchini-Férier, une nature morte issue de ses xylographies, un aqueduc utilisé dans une tapisserie ou encore un obélisque, inlassablement peint dans ses scènes de Hyères. Les feuilles d’arums et de capucines impriment inlassablement leurs motifs sur la mer, évoquant le format matriciel des xylographies ou des robes créées par Dufy.
Renforcé par le refus de perspective, l’ensemble se dote donc d’un aspect mural très décoratif. En effet, cette ambitieuse réalisation inaugure le cycle décoratif de Dufy. Prolifique, l’artiste réalise par la suite les décors de la salle à manger du Dr Viard (1927-33), du bar-fumoir du théâtre de Chaillot (1938), des triptyques de la singerie du jardin des Plantes (1939) et surtout la Fée Electricité, commande pour le Palais de la Lumière et de l’Électricité de l’Exposition Universelle de 1937.
Le décor de L’Altana démontre donc une nouvelle fois le rejet de toute hiérarchie des arts chez Dufy. Au contraire, l’artiste concilie les enseignements de ses essais sur supports multiples pour créer cette synthèse technique et poétique.