"These clowns, these riders, these acrobats have taken up residence in my visions. Why? Why am I moved by their makeup and expressions? With them, I approach other horizons. Their colors and makeup draw me toward other psychic distortions that I long to paint"
- Marc Chagall, Chagall by Chagall, New York, 1979, p. 172

From the 1920s to the end of his working career, Chagall would depict clowns and acrobats, circuses and performers, with sustained color and exuberance, capturing the essence and the magical allure of this theme.

In this work, Chagall depicts a floating multicolored clown on the back of a horse which occupies most of the composition. On the stage, in the background, other performers join the spectacle. The stage seems to be surrounded by small snowy cottages, maybe a reminder of Chagall’s native town of Vitebsk which welcomed traveling acrobatic troupes to which the roots of his affinity for the circus can be traced back. Through his painting, Chagall therefore rekindled with the sounds, colors and fanfare of the theatrical performances recalling his childhood music lessons and the traditional chants from his local synagogue.

The vibrant colors that recall the performers’ cost.mes s and makeup, the style and the liveliness of the brushstroke are characteristics of Chagall’s work. The excit.mes nt and the vivacity of the touch also evokes the energy of live performance. This source of inspiration was shared by Chagall’s predecessors such as Degas, Lautrec and Seurat as well as contemporaries like Picasso, Rouault or Léger. Yet, Chagall delivers a more intimate and intensely personal reading of this theme.

After his arrival in Paris in 1911, Chagall went to see The Ballets Russes. His fascination with the circus increased when Ambroise Vollard invited him in 1927 to his private box at the Cirque d'Hiver in Paris, and from which Chagall could draw at leisure. Curator Jacob Baal-Teshuva notices: “The circus was [for Chagall] a world of colour and drama in which tragedy and comedy were continually intermingled” (Jacob Baal-Teshuva, Marc Chagall, 1887-1985, Cologne, 1998, p. 190). From this point, these recurring motifs never left Chagall’s oeuvre, as Jean Leymarie points out:

“Chagall’s first circus scenes were painted in 1913, increasing in number in 1927 and in 1937, and from 1956 on, the scenes formed a continuous cycle parallel to that of the Bible, illustrated again in 1968 by major works such as Le Grand cirque”
- Jean Leymarie, Hommage à Marc Chagall, Grand Palais, 1969-1970, pp. IX-X

More than a simple childhood memory, the circus for Chagall embodies the link between the tangible world and the hyper-reality of his pictorial world. It is thus that a proximity appears between the painter’s circus motifs and his religious subjects. Jean Leymarie continues: “Chagall’s art revolves around a central focus, the mythical and supernatural world of childhood, whose mystery is shattered by adult reasoning.” (ibid). Chagall himself linked circus to religion. To him, the clown echoes the many faces of man's emotional character, both fun-loving and tragic. He once remarked, "I have always considered the clowns […] as being tragically human who, for me, would resemble characters from certain religious paintings. And even today, when I paint a Crucifixion or another religious painting, I experience again almost the same sensations that I felt while painting circus people, (…)" (quoted in Marc Chagall (exhibition catalogue), San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco, 2003, p. 106).

This work from 1974 was painted at a t.mes when the circus theme had become central to Chagall’s pictorial work both in oil paintings, drawings and prints. This large canvas becomes a testimony of Chagall’s aesthetic and spiritual reflections and it is such that certainly seduced Pierre Matisse who acquired the work for his gallery directly from the artist in 1975. Pierre Matisse’s interest in the artist led naturally to an exhibition in 1981 for which Chagall explained his vision in the preface of the catalogue: “It's a magic world, the circus, an age-old game that is danced, and in which tears and smiles, the play of arms and legs take the form of great art... The circus is the performance that seems to me the most tragic. Throughout the centuries, it has been man's most piercing cry in his search for entertainment and joy. It often takes the form of lofty poetry. I seem to see a Don Quixote in search of an ideal, like that marvelous clown who wept and dreamed of human love" (quoted in Marc Chagall, Le Cirque (exhibition catalogue), Pierre Matisse Gallery, New York, 1981, n.p.).


"Ces clowns, ces cavaliers, ces acrobates ont élu domicile dans mes visions. Pourquoi ? Pourquoi suis-je ému par leurs maquillages et leurs grimaces ? Avec eux, j'aborde d'autres horizons. Leurs couleurs et leurs maquillages m'attirent vers d'autres distorsions psychiques que je me languis de peindre"
- Marc Chagall, Chagall by Chagall, New York, 1979, p. 172

A partir des années 1920 et jusqu'à la fin de sa carrière, Chagall intègre dans ses peintures clowns et acrobates, cirques et artistes, dans une exubérance et une profusion de couleurs, capturant l'essence et le merveilleux de ce thème.

Dans cette œuvre, Chagall représente un clown multicolore flottant sur le dos d'un cheval, occupant la majeure partie de la composition. Sur la scène, en arrière-plan, d'autres artistes se joignent au spectacle. La scène semble être délimitée par de petites maisons enneigées, peut-être souvenirs de la ville natale de Chagall, Vitebsk, qui accueillait des troupes d’acrobates itinérantes, à l’origine de la passion de l’artiste pour le cirque. À travers sa peinture, Chagall renoue donc avec les sons, les couleurs et la fanfare des représentations théâtrales, des leçons de musique de son enfance et de la chorale de la synagogue locale.

Les couleurs vibrantes qui rappellent les cost.mes s et le maquillage des artistes, le style et la vivacité du coup de pinceau sont caractéristiques de l'œuvre de Chagall. L'excitation et la vivacité de la touche évoquent l'énergie du spectacle. Cette source d'inspiration était déjà invoquée par les artistes précédant Chagall comme Degas, Toulouse-Lautrec et Seurat ainsi que par ses contemporains tels Picasso, Léger ou Rouault. Pourtant Chagall livre une lecture intimiste et personnelle de ce thème.

Dès son arrivée à Paris en 1911, Chagall assiste aux représentations des Ballets Russes. Sa fascination pour le cirque s'accroît lorsque Ambroise Vollard l'invite en 1927 dans sa loge privée au Cirque d'Hiver à Paris, depuis laquelle Chagall peut dessiner à loisir. Le conservateur Jacob Baal-Teshuva note : " Le cirque était [pour Chagall] un monde de couleur et de drame dans lequel la tragédie et la comédie se mêlaient continuellement " (Jacob Baal-Teshuva, Marc Chagall, 1887-1985, Cologne, 1998, p. 190). Dès lors, ces motifs récurrents ne quittent plus l'œuvre de Chagall, comme le souligne Jean Leymarie : " Les premières scènes de cirque de Chagall sont peintes en 1913, elles se multiplient en 1927 et en 1937, et à partir de 1956, les scènes forment un cycle continu parallèle à celui de la Bible, illustré encore en 1968 par des œuvres majeures comme Le Grand cirque " (Jean Leymarie, Hommage à Marc Chagall, Grand Palais, 1969-1970, pp. IX-X).

Plus qu'un simple souvenir d'enfance, le cirque incarne pour Chagall le conduit entre le monde tangible qui l'entoure, et l'hyper-réalité de son univers pictural. Dès lors, une proximité entre le motif du cirque et ses sujets religieux apparaît. Jean Leymarie poursuit : "L'art de Chagall tourne autour d'un point central, le monde mythique et surnaturel de l'enfance, dont le mystère est brisé par le raisonnement des adultes" (ibid). Chagall a lui-même lié le cirque à la religion. Pour lui, le clown renvoie aux nombreuses facettes émotionnelles de l'homme, à la fois comique et tragique. L’artiste résumait ainsi : "J'ai toujours considéré les clowns [...] comme des êtres tragiquement humains qui, pour moi, ressemblaient aux personnages de certaines peintures religieuses. Et même aujourd'hui, lorsque je peins une Crucifixion ou un autre tableau religieux, j'éprouve à nouveau presque les mêmes sensations que j'ai ressenties en peignant des gens du cirque, (...)" (cité dans Marc Chagall (catalogue d'exposition), San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco, 2003, p. 106).

Cette œuvre de 1974 a été réalisée alors que ce thème était devenu un motif récurrent dans sa carrière et son travail, décliné en peintures à l'huile, dessins et gravures. Cette grande toile apparaît donc comme un témoignage final des réflexions de Chagall et a ainsi séduit Pierre Matisse qui a acquis cette œuvre pour sa galerie direct.mes nt auprès de l'artiste en 1975. Cet intérêt a par la suite donné lieu à une exposition en 1981 pour laquelle Chagall a détaillé sa vision : "C'est un monde magique, le cirque, un jeu séculaire qui se danse, et dans lequel les larmes et les sourires, le jeu des bras et des jambes prennent la forme du grand art.... Le cirque est le spectacle qui me semble le plus tragique. A travers les siècles, il a été le cri le plus perçant de l'homme dans sa quête de divertissement et de joie. Il prend souvent la forme d'une noble poésie. Il me semble voir un Don Quichotte à la recherche d'un idéal, comme ce clown merveilleux qui pleurait et rêvait de l'amour humain" (cité dans Marc Chagall, Le Cirque (catalogue d'exposition), Galerie Pierre Matisse, New York, 1981, n.p.).