Jacqueline Roque met Picasso in 1952 when she was working at the Madoura gallery in Cannes. She was 26 years old. The painter was 71. Captivated by her spirit and her beauty he married her in 1961. Jacqueline was at once muse, companion and model, and became central to the last years of Picasso's life. At her side, Picasso found a new vitality that was to be the source of the extraordinary artistic effervescence and inventiveness that characterized the final period of his œuvre.
Jacqueline was present in all aspects of Picasso's life during these intense years. She inspired him - he made nearly 400 portraits of her - but she also evoked new subjects for him, such as the musketeers or the odalisques. Jacqueline also provided a remarkable testimony to the painter's work: she photographed him constantly during the 1950s and 1960s. Photographs that would shed new light on Picasso's creative process.
“They lived in a world which he created himself, where he ruled almost as king, but retained only two treasures: the freedom to work and the love for Jacqueline.”
The next three works (lots 112-114) are from the personal collects ion of Jacqueline Picasso, who donated them to the family of the current owner. Homme au tricot rayé assis is part of this exceptional group. Painted on 15 September 1939, this gouache was executed very shortly after Picasso's arrival in Royan, where he decided to flee on the advice of his friend André Breton.
From the beginning of the war in 1939, he stayed there with Marie-Thérèse Walter, with whom he had been having a secret relationship for several years, along with their daughter, Maya. Marie-Thérèse and Maya lived in the villa Gerbier-des-Joncs. He joined them in Royan on 2 September 1939, the very eve of the declaration of war. He arrived in the seaside town accompanied by his mistress Dora Maar, his secretary Jaime Sabartes, and his dog Kazbek; they all moved into the Hôtel du Tigre, only a few streets away from the villa Gerbier-des-Joncs. It was during this stay that the two women who shared Picasso’s life—the blonde Marie-Thérèse and the brunette Dora—learned of each other’s existence, got to know each other, and formed a rivalry, much to Picasso’s delight.
The palette used by Picasso in Homme au tricot rayé assis, a pure cameo of grey and black, is characteristic of the war years. This was a particularly dark period for Picasso. In addition to personal torments (Picasso lost his mother at the beginning of 1939 as well as his former dealer Ambroise Vollard in July), the War had begun in earnest. Although Picasso found serenity in Royan, the world conflict nevertheless reminded him of it from a material point of view. It was indeed difficult to find material to work in Royan, where the painter only had small canvases. Paper became his main means of expression and many of his most accomplished works of this period were executed on paper, with a complexity worthy of his most impressive paintings.
Homme au tricot rayé assis is one of the few male portraits painted by Picasso during the Royan period, the painter finding his main source of inspiration in his two muses who surround him and of whom he makes numerous portraits. The male figure depicted in this work already wears the famous striped shirt that Picasso would often re-use years later. Ten versions of this striped knitted figure are known, painted between 13 and 17 September 1939: six in gouache, three in oil on paper and one in Indian ink. All of these works are said to have been executed by Picasso from memory, inspired by a fisherman he had seen on the docks of the port of Royan.
In the art developed in Royan, Picasso shows a real radicalization of forms, particularly striking in the art of the portrait. The modelling becomes particularly vigorous and the face becomes increasingly deconstructed. The painter achieves a remarkable expressiveness with an economy of means and colours. In this respect, the period known as the “Royan Period” is one of the most complex and fascinating for understanding the artist's creative personality, one of the strongest in terms of the radicalization of his pictorial style.
Jacqueline Roque rencontre Picasso en 1952 alors qu’elle s’occupe de la galerie Madoura à Cannes. Elle a 26 ans. Le peintre en a 71. Subjugué par sa beauté, son port de tête, son regard, il l’épousera en 1961. A la fois, muse, compagne et modèle, Jacqueline devient centrale dans les vingt dernières années de la vie de Picasso. A ses côtés, Picasso retrouve une nouvelle vitalité qui sera à l’origine de l’extraordinaire effervescence et inventivité artistiques caractérisant les dernières années de son œuvre.
« Ils vivaient dans un monde de sa propre création, où il régnait presque comme un roi mais ne chérissait que deux trésors : la liberté dans son travail et l'amour pour Jacqueline ».
Jacqueline est présente dans toutes les composantes de la vie de Picasso au cours de ses années intenses. Elle l’inspire – il fera d’elle près de 400 portraits – mais elle lui évoque aussi des nouveaux sujets, comme les mousquetaires ou les odalisques. Jacqueline apportera aussi un remarquable témoignage sur le travail du peintre : elle le photographie sans cesse au cours des années 1950 et 1960. Ces clichés apporteront un nouvel éclairage sur le processus créatif de Picasso.
Les trois prochaines œuvres (lots 112-114) proviennent de la collects ion personnelle de Jacqueline Picasso qui les a offertes à la famille du propriétaire actuel.
Homme au tricot rayé assis fait partie de cet ensemble d’exception. Peinte le 15 septembre 1939, cette gouache est exécutée très peu de temps après l’arrivée de Picasso à Royan, où Picasso se réfugie sur les conseils de son ami Breton.
Il s'y installe dès le début de l’état 1939 Marie-Thérèse Walter, avec laquelle il entretient depuis plusieurs années une relation secrète, ainsi que la fille qu’ils ont eue ensemble, Maya. Toutes deux sont logées dans la villa Gerbier-des-Joncs. Lui-même rejoint Royan, le 2 septembre 1939, la veille même de la déclaration de la guerre, moins de deux semaines avant la réalisation de cette œuvre. Il arrive dans la cité balnéaire, accompagné de sa maîtresse Dora Maar, de son secrétaire Jaime Sabartes et de son chien Kazbek, tous emménageant à l’Hôtel du Tigre, situé à quelques rues seulement de la villa Gerbier-des-Joncs. C’est au cours de ce séjour que les deux femmes partageant la vie de Picasso, la blonde Marie-Thérèse et la brune Dora, vont apprendre leur existence respective et faire connaissance, entretenant une rivalité qui n’est pas pour déplaire à Picasso.
La palette employée par Picasso dans Homme au tricot rayé assis, pur camaïeu de gris et de noir, est caractéristique des années de guerre. Il s’agit d’une période particulièrement sombre pour Picasso. Aux tourments personnels (Picasso perd sa mère au début de l’année 1939 de même que son ancien marchand Ambroise Vollard en juillet) s’ajoute le début de la guerre.
Si Picasso retrouve à Royan la sérénité, le conflit mondial se rappelle néanmoins d'un point de vue matériel. Il est en effet difficile de trouver du matériel pour travailler à Royan, où le peintre ne dispose que de toiles de petite taille. Le papier va dès lors devenir son principal moyen d’expression et nombre de ses œuvres les plus abouties de cette période seront exécutées sur papier, avec une complexité digne de ses plus impressionnants tableaux.
Homme au tricot rayé assis fait partie des rares portraits masculins peints par Picasso au cours de la période de Royan, le peintre trouvant alors sa principale source d’inspiration dans ses deux muses qui l’entourent et dont il fait de multiples portraits. La figure masculine décrite dans la présente œuvre arbore déjà le célèbre maillot rayé que Picasso reprendra souvent des années plus tard. Dix versions de ce personnage au tricot rayé sont connues, réalisées entre le 13 et le 17 septembre 1939 : six à la gouache, trois à l’huile sur papier et une à l’encre de Chine. Toutes ces œuvres auraient été exécutées de mémoire par Picasso, en s’inspirant d’un pêcheur vu sur les quais du port de Royan.
Dans l’art développé à Royan, Picasso montre une véritable radicalisation des formes, particulièrement marquante dans l’art du portrait. Le modelé devient particulièrement vigoureux et le visage se déstructure sans cesse plus. Le peintre aboutit à une expressivité remarquable avec une économie de moyens et de couleurs. A ce titre, la période dite de Royan est l'une des plus complexes et des plus fascinantes pour comprendre la personnalité créatrice de l'artiste, l'une des plus fortes en termes de radicalisation du style pictural.