Anonymous, Toyen and Jindřich Štyrský in Prague at a joint exhibition in 1931. Archive photo. © ADAGP, Paris 2023.

If one painting from Czech interwar Surrealism had to be named the most important, it would be Trauma of Birth by Jindřich Štyrský. It resembles a school blackboard, on the black surface of which various very suggestively painted objects are placed, strongly reflecting the author’s personal and dream experiences. Many of them are based on the critical state of health that Štyrský fell into during his stay in Paris in June 1935, when, together with the poet Vítězslav Nezval and the painter Toyen, they visited their friends from the French Surrealist group André Breton and Paul Eluard during the session of an international meeting of writers. Štyrský suffered a serious heart attack and remained in a Paris hospital.

This personal near-death experience gave rise to a painting of outstanding power, now regarded as the quintessential Surrealist painting. It was during his Parisian residency from 1925 to 1929 that Štyrský absorbed the lessons of Surrealism alongside some of the movement’s greatest names. He embraced the very principles of Surrealism to such an extent that in 1934, together with Kareil Teige, Toyen and Vítězslav Nezval he founded the Czechoslovak Surrealist Group, of which the present painting became the paragon. Like all the Surrealists, Freud’s nascent notion of the subconscious and the influence of psychoanalysis are at the heart of Štyrský’s art, as evidence by this work in which objects seem to derive from subconscious or unconscious associations, and from which emanates an atmosphere reminiscent of a nightmare or strange dream. Yet the unity that emanates from this collects ion of disparate objects is in line with the theories of the greatest Surrealist artists: Magritte’s theory of elective affinities, in which the Belgian painter explores how the combination of two related objects can create a poetic dynamic just as intense as the combination of two completely incongruous objects; or Dali’s paranoiac-critical method, which seeks to stimulate imagination in order to access new associations of ideas and reveal hidden meanings through these unrelated elements.

The name of the painting refers to Otto Rank's book Das Trauma der Geburt (1925), which was well known among the Prague surrealists. Each of the depicted objects had a deep meaning for Štyrský, which had foreshadowed in his previous works, as well as influenced the author's subsequent work. Trauma of Birth is an exceptional account of states between life and death. Vítězslav Nezval's commemorative book on the days in Paris in late June 1935, entitled Ulice Git-le Coeur (1936), hints at much to explain it. When the painting was exhibited for the first t.mes at the members' exhibition of the Mánes Association of Visual Artists in the fall of 1936, where Jindřich Štyrský sent it as his only work, its title was: “Birth Trauma (Table of objects that create a being-object that is an image in itself)”, which today narrows down to Trauma of Birth.

After its completion, the painting remained in Štyrský's possessions, he had it in his room, he saw it every day. After his death, it passed into the possession of Toyen, who exported it to Paris in 1947 when she fled Communist Czechoslovakia and kept it at home until her death in 1980. Trauma of birth was presented at the 1982 auction of Toyen’s estate held at Drouot, where Jean-Claude Binoche acquired it.

Jindřich Štyrský’s Trauma of birth in Jean-Claude Binoche’s Parisian apartment.

Si une œuvre du surréalisme tchèque de l’entre-deux-guerres devait être désignée comme la plus importante, ce serait le Trauma de la naissance de Jindřich Štyrský. Il ressemble à un tableau d’école, sur la surface noire duquel sont placés divers objets peints de manière très suggestive, reflétant les expériences personnelles et oniriques de l’auteur. Nombre d’entre eux sont fondés sur l’état de santé critique dans lequel Štyrský est tombé lors de son séjour à Paris en juin 1935, lorsqu’avec le poète Vítězslav Nezval et le peintre Toyen, ils ont rendu visite à leurs amis du groupe surréaliste français André Breton et Paul Eluard. Štyrský a été vict.mes d’une grave crise cardiaque et est resté hospitalisé à Paris.

Cette expérience personnelle de mort imminente donne naissance à un tableau d’une puissance remarquable, aujourd’hui considéré comme la quintessence du tableau surréaliste. C’est lors d’un séjour parisien qui dure de 1925 à 1929 que Štyrský assimile les leçons surréalistes aux côtés des plus grands noms du mouvement. Son adhésion aux principes mêmes du surréalisme est telle qu’il fonde en 1934 avec Kareil Teige, Toyen et Vítězslav Nezval le groupe des surréalistes de Tchécoslovaquie, dont le présent tableau devient le parangon. A l'instar de tous les surréalistes, la notion encore naissante de subconscient développée par Freud et l'influence de la psychanalyse sont au cœur de l’art de Štyrský, comme en témoigne cette œuvre où les objets semblent provenir d’associations subconscientes ou inconscientes et de laquelle exhale une atmosphère qui n’est pas sans évoquer un cauchemar ou un rêve étrange. L’unité qui émane pourtant de cet ensemble d’objets disparates s’inscrit dans la lignée des théories des plus grands artistes surréalistes: la théorie des affinités électives de Magritte, dans laquelle le peintre belge explore l’idée que la combinaison de deux objets apparentés peut créer une dynamique poétique tout aussi intense que la combinaison de deux objets complèt.mes nt incongrus; ou encore la méthode paranoïaque-critique de Dali, qui vise à stimuler l’imagination afin d’accéder à des associations d’idées inédites et révéler par ces éléments sans rapport des significations cachées.

Left: Salvador Dalí, The Surrealist Mystery of New York, 1935. © AKG - Images © SALVADOR DALÍ, FUNDACIÓ GALA-SALVADOR DALÍ / ADAGP, PARIS 2023

Right: René Magritte, In memoriam Mack Sennett, 1936. © Bridgeman Images © Photothèque R. Magritte / ADAGP, Paris, 2023

Le nom du tableau fait référence au livre d’Otto Rank, Das Trauma der Geburt (1925), bien connu des surréalistes pragois. Chacun des objets représentés avait une signification profonde pour Štyrský ; nous pouvions en voir des préfigurations dans ses œuvres antérieures et en trouverons des influences dans ses œuvres postérieures. Le Trauma de la naissance est un récit exceptionnel sur cet état entre la vie et la mort. Le livre commémoratif de Vítězslav Nezval sur les journées de Paris de la fin juin 1935, intitulé Ulice Git-le Cœur (1936), laisse entrevoir de nombreuses explications. Lorsque ce tableau fut exposé pour la première fois à l’exposition des membres du cercle artistique Mánes à l’automne 1936, où Jindřich Štyrský l’avait envoyé comme unique œuvre, son titre était : « Trauma de la naissance : Tableau des objets qui créent un être-objet qui est une image en soi », qui se réduit aujourd’hui à Trauma de la naissance.

Après son achèvement, le tableau est resté en possession de Štyrský, il l’avait dans sa chambre, il le voyait tous les jours. Après sa mort, il est entré en possession de Toyen, qui l’a exporté à Paris en 1947 lorsqu’elle fuit la Tchécoslovaquie communiste et le conservera chez elle jusqu’à sa mort en 1980. Le Trauma de la naissance est ensuite présenté à la vente aux enchères de la succession Toyen à Drouot en 1982 où Jean-Claude Binoche en fait l’acquisition.