A masterful work combining various techniques, Villen (Versinkende) und Baracken (Aufsteigende) is particularly revealing of Paul Klee’s architectural genius and poetry. The artist breaks down construction lines to create an almost abstract schematization of form. As he explained in his journal from 1902, his ‘current and long-term objective is aimed at the unification or harmonisation of the visual languages of poetry and architecture.’ (Journal. III 1902, No. 429). This architectural poetry is perceptible in his work from as early as 1921 in the association of geometric forms with architectural elements. Indeed, in Traum-Stadt (the ‘Dream City’), Paul Klee’s architectural composition is based on a combination of geometric shapes. The subject of the artwork is still discernible, but it tends towards abstraction. Similarly, in Villen (Versinkende) und Baracken (Aufsteigende), Klee creates overlapping shapes with his distinctive graphic style. This overlapping is reminiscent of the square blocks of Bauhaus weavings. The artist also seems to be focusing on various areas of construction. He said, ‘We construct and keep on constructing, yet intuition is still a good thing. You can do a good deal without it, but not everything. Without it you can succeed for a long t.mes , in many different ways, and you can succeed in doing important things, but not everything. Where intuition is combined with exact research, it speeds up the progress of research. Exactitude winged by intuition is at t.mes s best.’ (Paul Klee in ‘Recherches exactes dans le domaine de l'art’ [‘Exact Experiments in the Realm of Art’] in Théorie de l’art moderne, Geneva, 1969, p. 48.)

Paul Klee, Rosengarten, 1920. Foundation Gabriele Münter and Johannes Eichner, Munich, Lenbachhaus. @ akg-images.

For the artist, the framework of the drawing forms the basis of artistic expression. Houses and shacks overlap one another, and areas intersect to create a multifaceted space within a two-dimensional structure. The artist therefore offers the viewer another vision of reality. In his collects ion Confession créatrice (‘Creative Confession’) in 1920, he said: ‘At one t.mes , people used to paint things that could be seen on Earth, things they liked looking at and would have liked to see. Now we make the reality of visible things apparent and in doing so express the belief that, in relation to the world as a whole, the visible is only an isolated example and that other truths are latently in the majority. Things appear in their extended and manifold sense, often seemingly contradicting yesterday’s experiences. The aim is to reveal the fundamental idea behind the coincidental.’ (Paul Klee, Confession créatrice, 1920, n. p.). Even if chance appears to dominate, a certain rationality remains and the line still forms the basis of all of Klee’s work. This principle was expressed at the Jena conference in 1924, when he explained that the three formal elements of art were, in order of importance: line, chiaroscuro and colour.

Paul Klee in his studio at the Bauhaus in Weimar in 1924.

The musical inspiration behind the piece is evident and there is a certain pictorial rhythm. Light and colour are handled with a range of ochre tones that contrast with the dark sky. The tonal palette functions almost as a musical score, with a crescendo of colours ranging from pale yellow to dark brown. The chromatic rhythm can also be seen in the various media used: oils and watercolours, giving the work a gradation of shades. The only source of light is the sun in the top right-hand corner. This iconographic feature is a recurring element in Klee’s work. It is also featured and handled in the same way in his work from the same year, Studie im Stein.

The detailed descriptive title of the artwork adds further meaning to the composition. In Villen (Versinkende) und Baracken (Aufsteigende), the villas are associated with the verb ‘to sink’ (Versinken), while the standard huts are associated with the term ‘rising’ (Aufsteigende). This evokes both the end of an era with the decline of traditional desirable homes, and the rise in buildings constructed according to the same model. Klee therefore appears to present a visual metaphor of the changing field of architecture.

Paul Klee, Villa R, 1919.Kunstmuseum, Basel. © akg-images.

Œuvre magistrale mêlant différentes techniques, Villen (Versinkende) und Baracken (Aufsteigende) est particulièrement révélatrice du génie et de la poésie architecturale de Paul Klee. L’artiste décompose les lignes de construction pour laisser place à une schématisation presque abstraite de la forme. Comme il l’a expliqué dans son journal de 1902, son "objectif actuel et lointain tend uniquement à l’unification ou à l’harmonisation des langages plastiques issus de la poésie et de l’architecture." (Journal. III 1902, N° 429). Cette poésie architecturale est perceptible dès 1921 dans son œuvre avec l’association de formes géométriques à des éléments architecturaux. En effet, dans Traum-Stadt (la ville rêvée), Paul Klee fonde sa composition architecturale sur une combinaison de formes géométriques. Le sujet de l’œuvre reste perceptible mais tend vers l’abstraction. De même, dans Villen (Versinkende) und Baracken (Aufsteigende), Klee créé des formes imbriquées les unes dans les autres avec un graphisme qui lui est propre. Cette imbrication n’est pas sans rappeler les trames carrées des tissages de l’atelier du Bauhaus. L’artiste semble également se pencher sur différents domaines de construction et a dit que : "Nous construisons et construisons sans cesse, mais l'intuition continue à être une bonne chose. On peut considérablement sans elle, mais pas tout. Sans elle on peut réussir longtemps, réussir beaucoup et diversement, réussir des choses capitales, mais pas tout. Quand l'intuition s'unit à la recherche exacte, elle accélère le progrès de celle-ci de façon saisissante. Et l'exactitude dotée d'ailes par l'intuition a parfois la supériorité." (Paul Klee in "Recherches exactes dans le domaine de l'art" in Théorie de l’art moderne, Genève, 1969, p. 48).

Paul Klee, Landschaft mit dem gelben Kirchturm, 1920. Bayerische Staatsgemäldesammlungen München. Photo © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / image BStGS.

Pour l’artiste, la trame du dessin constitue la base de l’expression plastique. Les maisons et baraquements se superposent et les espaces se traversent pour créer un espace multiple dans une structure bidimensionnelle. L’artiste offre alors au regard une autre vision de la réalité. Il en parle notamment dans son recueil Confession créatrice en 1920 : "On décrivait autrefois des choses qu’on pouvait voir, que l’on aimait ou aurait aimé voir. La réalité des choses visibles et maintenant rendue évidente et l’on exprime ainsi la certitude que le visible, par rapport à la totalité de l’univers, n’est qu’un exemple isolé, et qu’il existe, à l’état latent, bien davantage d’autres vérités encore. Les objets paraissent, dans un sens élargi et multiple, contredire souvent les expériences rationnelles d’hier. Il faut tendre à ce que le hasard se fasse essentiel." (Paul Klee, Confession créatrice, 1920, n. p.). Même si le hasard appellerait à prédominer, une certaine rationalité demeure et la ligne reste le fondement de toute création pour Klee. Ce principe a notamment été énoncé en 1924, dans la conférence d’Iéna, lorsqu’il expliquait que les trois choses formelles de l’art sont hiérarchiquement : la ligne, le jeu de clair-obscur et la couleur.

L’inspiration musicale est perceptible et un ryt.mes pictural semble s’installer. La lumière et la couleur sont ici traitées dans un dégradé de tons ocres qui contraste avec un ciel sombre. La palette chromatique paraît fonctionner comme une partition musicale avec un crescendo de couleurs allant du jaune pâle au brun foncé. La rythmique chromatique se perçoit en outre dans les différents médiums utilisés : l’huile et l’aquarelle, conférant ainsi à l’œuvre une gradation de couleurs tonales. La seule source lumineuse est un soleil présent en haut à droite de l’œuvre. Cet élément iconographique est récurrent dans l’œuvre de Klee. On retrouve la même année la présence solaire, traitée de la même manière, dans l’œuvre Studie im Stein.

Le titre descriptif et détaillé de l’œuvre permet d’enrichir la signification de la composition. Dans Villen (Versinkende) und Baracken (Aufsteigende) les villas sont associées au verbe "sombrer" (Versinken), tandis que les cabanes types sont associées au terme "d’ascension" (Aufsteigende). Cela évoque à la fois la fin d’un monde avec le déclin des maisons de standing traditionnel et la croissance des nouveaux bât.mes nts fabriqués sur le même modèle. Klee semble alors proposer une métaphore graphique du domaine architectural en mutation.