“No one could make bodies ‘speak’ better than Rodin… At the peak of his powers, aided by the youth and openness of the models who posed for him, he conveyed his own euphoria in [Eternal Springt.mes ] with a very skilful composition, built on an X, whose elegant forms, enhanced by the languidness of the bodies and the delicacy of the embrace, made it one of his most highly acclaimed works”
- Antoinette Le Normand-Romain, The Bronzes of Rodin, Catalogue of Works in the Musée Rodin, Paris, 2007, vol. I, p. 335.

An image of passion and raw physicality, Éternel Printemps is among Auguste Rodin’s most celebrated sculptures. Also known as Zéphyr et la Terre and Cupidon et Psyché, the model was exhibited at the Salon of 1897. It was conceived during an intense period of creative activity for Rodin’s monumental La Porte de l’Enfer. The female figure is based on the highly sensual Torse d'Adèle, which is included in La Porte and later in La Chute d'un Ange, but it gained its greatest fame when it was united with the figure of the youthful male in the present work.

The theme of embracing lovers was of primary concern for the artist throughout his creative life. A variant of Le Baiser, the work recalls the story of Paolo and Francesca, Dante’s mythical paramours who were condemned to spend eternity locked in a maelstrom of passion. With graceful fluidity, the young man lifts the woman into a passionate kiss. Her arched body is enveloped into the vigorous twist of his, in a pose that not only celebrates the union of man and woman, but also of stasis and movement, surrender and passion. The couple is animated by the dazzling play of light over the undulations of the bronze and its rich brown patina, and the dynamic upward movement of the man.

Éternel Printemps's carnality marks a shift in Rodin's œuvre from classical, allegorical depictions of love, to more sensual, human representations. In the 1880s, Rodin stated that ‘there is nothing in Nature that has more character than the human body’, here felt in the earthly spontaneity of the figures. Indeed, it is this potent combination of physical lyricism and romanticism that defines the work, and which has made it particularly attractive to collects ors ever since.


Image de la passion, Éternel printemps compte parmi les sculptures les plus célèbres d’Auguste Rodin. Également connue sous les noms de Zéphyr et la Terre ou Cupidon et Psyché, l’œuvre exposée au Salon de 1897 a été conçue pendant la période de créativité intense qui entoure la réalisation de La Porte de l’Enfer. La figure féminine, inspirée du très sensuel Torse d’Adèle figurant dans La Porte de l’Enfer et plus tard dans la Chute d’un Ange, acquiert sa plus grande renommée lorsqu’elle est unie à la figure du jeune homme de l’œuvre actuelle.

L’étreinte amoureuse a été au cœur des préoccupations artistiques de l’artiste sa vie durant. Variation du Baiser, L’Éternel printemps rappelle l’histoire de Paolo et Francesca, les amants mythiques de Dante, condamnés à passer l’éternité enfermés dans un maelström de passion. Avec grâce, le jeune homme soulève la jeune femme pour l’embrasser passionnément. Le corps arqué de cette dernière, qui s’enveloppe dans la torsion vigoureuse de celui de l’homme, révèle une pose qui célèbre tant l’union de l’homme et de la femme que le mouvement, l’abandon et la passion. Par un savant jeu de lumière se reflétant sur les ondulations du bronze à riche patine brune, et par un dynamisme conféré par la posture de l’homme, le couple s’anime.

Le caractère charnel d'Éternel Printemps marque un changement dans l’œuvre de Rodin qui délaisse les représentations classiques et allégoriques de l’amour au profit de représentations plus sensuelles et humaines. Dans les années 1880 Rodin déclarait ‘’il n’y a rien dans la nature qui ait plus de caractère que le corps humain’’, ce qui se ressent ici dans la spontanéité des figures. Le lyrisme physique et le romantisme qui définissent cette œuvre l’ont rendue particulièrement attrayante pour les collects ionneurs depuis sa conception.

‘’Personne ne pouvait faire ‘parler’ les corps mieux que Rodin… Au sommet de son art, aidé par la jeunesse et la franchise des modèles qui ont posé pour lui, il a traduit sa propre euphorie [dans l’Eternel Printemps] par une composition très savante, bâtie sur un X, dont l’élégance des formes, rehaussée par la langueur des corps et la délicatesse de l’étreinte, en a fait l’une de ses œuvres les plus appréciées’’
- Antoinette Le Normand-Romain, The Bronzes of Rodin,Catalogue of Works in the Musée Rodin, Paris, 2007, vol. I, p. 335.