In the Paris of the 1950s, a young painter brimming with talent, attracted the attention of the artistic intelligentsia as well as the larger public. At barely eighteen years old, Bernard Buffet was named by the French magazine Connaissance des arts first among the ten best painters of the post-war period. Buffet's style had a profound impact on his t.mes , creating a real commercial phenomenon. Throughout his career, he remained independent-minded and persisted in his deep conviction that figurative art still offered manifold possibilities to explore. At a t.mes when abstract art was widely acclaimed, Buffet never strayed from figurative methods of expression.
"I have nothing against abstract painting, but I wonder why those who love it so much don't make it themselves. It would be just as good and cost them less.”
La Tour Eiffel belongs to a series of paintings devoted to Paris, a city that Bernard Buffet tirelessly drew and painted for more than forty years. In addition to being born there, he also spent most of his life as an artist in the city. Les toits et la Tour Eiffel showcases the most famous of Parisian monuments in its inimitable elegance or proportions. The sharp lines of chimneys and Haussmannian roofs occupy the lower part of the composition, in a firm design and strong details. It is from this urban mass that soars with grace the Iron Lady into the gray sky of the city. Using his signature sharp deep lines of black, Buffet traces a veritable monument to expressionist painting. From the same series, it is worth mentioning La Tour Eiffel et les liliums executed in 1988.
The evolution of the palette between the two paintings is striking: with its electric and saturated pigments, the later work contrasts sharply with La Tour Eiffel and its grey-brown tones. Each reflects a different moment in Buffet's changing relationship with Paris. As his wife Annabel Buffet explains in a 1989 interview Buffet preferred the tranquility of rural areas to the bustle of the city (Exh. Cat., New York , t.mes naga Gallery, Bernard Buffet: Paris, 1989) and he clearly transposed the more serene and carefree atmosphere of the countryside into his Parisian landscapes. La Tour Eiffel is a fascinating work with a particularly bewitching aura. It plunges us, by its monumental format, into the reality of Parisian winters, where the biting cold cohabits admirably with the seductive softness of the monuments. La Tour Eiffel not only explores new aesthetic and avant-garde approaches to the depiction of the urban landscape but also testifies to the artist’s own questionings and anxieties from within a society still seeking its bearings after the Second World War.
Dans le Paris des années 1950, un jeune peintre débordant de talent attire l'attention des cercles artistiques et du public. À seulement dix-huit ans, Bernard Buffet est nommé par le magazine français Connaissance des arts parmi les dix meilleurs peintres de l’après-guerre, en première position. Le style de Buffet a profondément marqué son époque jusqu’à créer un réel phénomène commercial. Mais tout au long de sa carrière, il reste indépendant d’esprit et persiste dans sa conviction profonde que l’art figuratif offrait encore énormément de voies à explorer. À une époque où l'art abstrait était largement plébiscité, cet artiste audacieux, désinhibé et talentueux ne s'est jamais éloigné des méthodes d'expression figuratives
« Je n’ai rien contre la peinture abstraite, mais je me demande pourquoi ceux qui l’aiment tant ne la font pas eux-mêmes. Ce serait aussi bien et leur coûterait moins cher. »
La Tour Eiffel appartient à une série de peintures consacrée à Paris, ville que Bernard Buffet a inlassablement dessinée, peinte pendant plus de quarante ans. En plus d’y être né, il y passe aussi la plus grande partie de sa vie d’artiste dans son atelier des Batignolles. La Tour Eiffel met en scène le plus célèbre des monuments parisiens dans une élégance inimitable. Les lignes acérées des cheminées et des toits haussmanniens occupent largement la partie basse de la composition, dans un dessin ferme et des détails appuyés. C’est de cette masse urbaine que s’élance, avec une très grande grâce, la Dame de Fer dans le ciel gris de Paris. A l’aide d’une ligne acérée d’un noir profond, Buffet trace ainsi dans l’horizon un véritable monument à la peinture expressionniste.
Right: Marc Chagall, Le Pont de Passy et la Tour Eiffel, 1911, New York, Metropolitan Museum of Art © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA © ADAGP, Paris, 2023
De cette même série, il convient de citer La Tour Eiffel et les liliums de 1988. L’évolution de la palette entre les deux tableaux est frappante : avec ses pigments électriques et saturés, l’œuvre plus tardive contraste fort.mes nt avec La Tour Eiffel et ses tons gris-bruns. Chacune traduit un moment différent dans la relation changeante de Buffet avec Paris. Comme l'explique Annabel Buffet, son épouse, dans un récit datant de 1989, Buffet a longtemps préféré la tranquillité de la campagne à l’agitation urbaine, un sent.mes nt clairement visible sur ses toiles des années 1950 (Exh. Cat., New York, Galerie t.mes naga, Bernard Buffet : Paris, 1989). Ainsi, dans les années 1980, ses paysages parisiens expriment une tout autre atmosphère : plus sereine, plus insouciante. Pourtant, Les toits et la Tour Eiffel est une œuvre fascinante avec une aura particulièrement envoûtante. Elle nous plonge, par son format monumental, dans la réalité des hivers parisiens, où le froid mordant cohabite admirablement avec la douceur séduisante des monuments.
Une œuvre comme La Tour Eiffel participe à traduire le XXe siècle et l’entrée dans la modernité. Dans un style avant-gardiste très personnel, Buffet évoque ses questionnements, ses angoisses au sein d'une société qui cherche encore ses marques après la Seconde Guerre mondiale.