Campendonk began his studies at the Kunstgewerbeschule in his native Krefeld, before gradually becoming involved in avant-garde circles. In 1911, at the invitation of Franz Marc, he moved to the Bavarian village of Sindelsdorf. Little by little, he joined a group of artists composed of Marc, Macke, Kandinsky and Jawlensky, becoming a member of Der Blaue Reiter (The Blue Rider), and he participated in Der Blaue Reiter’s first exhibition at the end of 1911 and then in the group exhibitions that followed. There, Campendonk discovered Cubism and Orphism. The complex pictorial space of 20 Minuten vor 1 Uhr consists of geometric forms and planes superimposed upon one another, from which some figurative elements can be made out. This breakdown of forms is inspired by the revolutionary handling of space first seen in Cubism, while the bright colour palette is rooted in Orphism. Moreover, while Campendonk increasingly focused on frescos and stained glass work, his paintings were largely characterised by their transparency, layering and radiance.

The artist readily adapted this innovative colour palette and this art of composition to serve his own thematic concerns, leading him to develop a style of his own. Peter Selz wrote about Campendonk’s sources of inspiration as follows: "When the Rhenish painter Heinrich Campendonk came to live in Bavaria, he saw peasant votive pictures painted under glass. Fascinated by this naïve forceful expression, he tried to re-create -not imitate- the spirit, technique and subject matter of folk art. He settled among the Bavarian peasants and lived on their farms for many years, first in Sindelsdorf and then, after being discharged from the army in 1916, in Seeshaupt, on lake Starnberg. […] Campendonk’s subject matter consists of the most elementary objects of country life -farmers and their wives, their cattle and fowl- but this ordinary world and reassembles it into a magic, dreamlike place." (P. Selz, German Expressionist Painting, Berkeley, 1973, p. 308). The seated man holding a flower in his hand, in the foreground of 20 Minuten vor 1 Uhr, symbolises one of the painter’s concerns, that of a perfect symbiosis between man and nature. Indeed, he shared with Franz Marc the concept of a utopian world in an infinite future, where man, beast and nature would cohabit in harmony in a spirit of mutual respect.


Campendonk débute ses études à la Kunstgewerbeschule dans sa ville natale de Krefeld, avant de rejoindre peu à peu des cercles avant-gardistes. En 1911, à l’invitation de Franz Marc, il s’installe dans le village bavarois de Sindelsdorf. Il intègre alors petit à petit un groupe d’artiste composé de Marc, Macke, Kandinsky et Jawlensky, devenant l’un des membres du Der Blaue Reiter, et participant à la première exposition du Blaue Reiter fin 1911 puis à des expositions collects ives qui se succéderont. Campendonk découvre alors le cubisme et l’orphisme. L’espace complexe de 20 minuten vor 1 uhr consiste en une superposition de plans et de formes géométriques au sein desquels se distinguent des éléments figuratifs. Cette mise à mal des formes s’inspire du trait.mes nt révolutionnaire de l’espace initié par le cubisme, tandis que la gamme chromatique lumineuse prend appui sur l’orphisme. Par ailleurs, alors que Campendonk s’oriente de plus en plus vers le travail du vitrail et de la fresque, son œuvre picturale se trouve largement marquée par les effets de transparence, de superposition et de clarté.

Le peintre n’hésitera pas à adapter cette palette et cet art de la composition novateurs pour servir ses propres préoccupations thématiques, le conduisant à un style propre. Peter Selz écrira à propos des sources d’inspiration de Campendonk : "Quand le peintre rhénan Heinrich Campendonk s’installe en Bavière, il découvre les icônes votives peintes sous verre. Fasciné par leur force d’expression d’inspiration naïve, il tente d’en recréer, et non pas d’en imiter, l’esprit, la technique et les sujets issus de l’art populaire. Il s’installe parmi les paysans bavarois et vit dans leurs fermes durant de nombreuses années, tout d’abord à Sindelsdorf puis, après avoir été réformé par l’armée en 1916, à Seeshaulpt, sur le lac Starnberg […] Les thèmes d’inspiration de Campendonk sont ceux de cet environnement simple et élémentaire, de cette vie à la campagne : les paysans et leurs femmes, leur bétail et leur basse-cour, mais il décompose ce monde ordinaire pour le réassembler dans un environnement magique, semblable à un rêve". (P. Selz, German Expressionist Painting, Berkeley, 1973, p. 308). L’homme assis tenant une fleur à la main, au premier plan de 20 minuten vor 1 uhr, symbolise l’une des préoccupations du peintre, celle d’une parfaite symbiose entre l’homme et la nature. Il partage en effet avec Franz Marc cette utopie d'une création constituant un tout harmonieux dans un devenir infini, où l'homme, l'animal et la nature cohabiteraient dans un respect réciproque.