“In a landscape darkened by the density of the woods, a small pond occupies the foreground, with a bridge spanning it, its rounded arches reflected in the water, upon which ducks are sailing. On the bridge’s parapet, a woman is seated with her back to us, facing the road, which is animated by a few other figures. To the right and the left of the road, separated by walls and wooden fences, lie parks with dense trees whose branches intertwine, their foliage tinged with golden hues.” One cannot resist reproducing here the text that accompanied the work as a caption, akin to a musical ballad, in the 1935 auction catalog where the painting was last presented for sale.
While primarily descriptive, the note still reveals Sisley’s natural scientific approach to the landscape. La Mare aux canards, château du Pont, Louveciennes features a vast, deep sky adorned with tall trees shimmering in the autumnal colors, in part of its height.
This sensitivity to nature stems from the grand and rich French landscape tradition, which continued throughout the 19th century in the forest of Fontainebleau. As early as 1862, while attending Gleyre’s studio, the young Sisley explored these woods with his friends Bazille, Monet, and Renoir. It was academism put to the test by nature. In 1867, along with Cézanne and Pissarro, the three students were rejected by the Salon. In 1873 (the year of La Mare aux canards, château du Pont, Louveciennes), all six, including Morisot, founded La Société Anonyme Coopérative des Artistes Peintres, Sculpteurs et Graveurs. In April-May of 1874, Sisley exhibited six landscapes at the First Impressionist Exhibition.
Sisley’s excellence in the genre of landscape was widely recognized and praised by critics. Gustave Geoffroy acknowledged: “A vibrant personality emerges […], a rustic joy of painting is revealed, an ability to see nature in delicately profiled and nuanced settings. He also sought the diffusion of light and the orchestration of tones.” (in Les Cahiers d’Aujourd’hui, Paris, 1923, p. 21 quoted in Alfred Sisley, Catalogue Critique des Peintures et des Pastels, p. 11)
Sisley himself expressed his fondness for the genre and positioned himself within the tradition of the great moderns:
“Which painters do I love ? To speak only of contemporaries: Delacroix, Corot, Millet, Rousseau, Courbet, our masters. All those who loved nature and felt deeply…”
The sky held particular importance for him; he said: “It is the sky that must be the medium (the sky cannot simply be a background). […] / I emphasize this part of the landscape because I want you to truly understand the importance I attach to it. / As a guideline: I always begin a painting with the sky…” (idem. p. 11).
La Mare aux canards, château du Pont, Louveciennes, is part of the small group of about twenty paintings made in 1873 in Louveciennes, where Sisley had settled with his family the previous year. Louveciennes is located around ten kilometers west of Paris. It is still Effet de neige à Louveciennes that holds the world record for the highest price ever achieved for a work by the artist. The painting was part of the collects ions of François Depeaux, one of his most prominent collects ors, alongside Count Isaac de Camondon, who is known to have donated several of the artist’s landscapes to the state in 1911, now housed in the collects ions of the Musée d’Orsay, and count Armand Doria, the first owner of La neige à Louveciennes, now in the Musée d’Orsay’s collects ion.
« Dans un paysage assombri par l’épaisseur des bois, la petite mare occupe le premier plan et un pont la franchit dont les arches arrondies se reflètent [sic] dans l’eau sur laquelle voguent des canards. Sur le parapet du pont, une femme est assise de dos, devant la route, qu’animent quelques autres figures. A droite et à gauche de la route, séparés par des murs et des clôtures de bois, ce sont des parcs aux arbres touffus dont les branches s’entremêlent et dont les frondaisons ont des teintes mordorées ». L’on ne résiste pas à reproduire ici le texte qui accompagnait l’œuvre en guise de légende qui serait l’équivalent d’une ballade en musique, dans le catalogue de la vente de 1935 où la toile fut la dernière fois présentée en vente.
Si elle est essentiellement descriptive, la note laisse entrevoir tout de même la science naturelle du paysage de Sisley. La Mare aux canards, château du Pont, Louveciennes campe un ciel haut et profond qu’agrémentent dans une partie de sa hauteur, de grands arbres scintillants des couleurs de l’automne.
Cette sensibilité à la nature est à rechercher du côté de la grande et belle tradition française du paysage qui se prolonge tout au long du XIXème siècle dans la forêt de Fontainebleau. Dès 1862, alors qu’il fréquente l’atelier de Gleyre, le jeune Sisley parcourt ces bois avec ses camarades Bazille, Monet et Renoir. C’est l’académisme à l’épreuve de la nature. En 1867, avec Cézanne et Pissarro, les trois étudiants sont refusés au Salon. En 1873 (l’année de La Mare aux canards, château du pont, Louveciennes), tous les six plus Morisot fondent La Société Anonyme Coopérative des artistes peintres, sculpteurs, et graveurs. En avril -mai de 1874, Sisley expose six paysages à la Première exposition Impressionniste.
L’excellence de Sisley dans le genre du paysage est reconnue et saluée par la critique. Gustave Geoffroy reconnaît : « Une personnalité vive apparaît […], une joie de peintre rustique se révèle, une aptitude à voir la nature en décors délicat.mes nt profilés et nuancés. Il a voulu aussi les diffusions de la clarté, les orchestrations des tons » (in Les Cahiers d’Aujourd’hui, Paris, 1923, p.21, cité in Alfred Sisley, Catalogue critique des peintures et des pastels, p. 11).
Sisley lui-même fait état de son goût pour le genre et s’inscrit dans la tradition des grands modernes :
« Quels sont les peintres que j’aime ? Pour ne parler que des contemporains : Delacroix, Corot, Millet, Rousseau, Courbet, nos maîtres. Tous ceux qui ont aimé la nature et qui ont senti fort.mes nt… »
Le ciel l’occupe particulièrement ; il dit : « C’est le ciel qui doit être le moyen (le ciel ne peut pas n’être qu’un fond). […]/ J’appuie sur cette partie du paysage parce que je voudrais vous faire bien comprendre l’importance que j’y attache. / Comme indication : je commence toujours une toile par le ciel… » (Idem p. 11).
La mare aux canards, château du pont, Louveciennes fait partie de la petite vingtaine de toiles peintes en 1873 à Louveciennes où Sisley s’est installé l’année précédente avec sa famille. Louveciennes est à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Paris. C’est encore un Effet de neige à Louveciennes qui est le record du monde pour une œuvre de l’artiste. La toile faisait partie des collects ions de François Depeaux, l’un de ses plus grands collects ionneurs avec le comte Isaac de Camondo dont on sait qu’il fit don à l’Etat en 1911 de plusieurs paysages de l’artiste aujourd’hui dans les collects ions du Musée d’Orsay et le comte Armand Doria, le premier propriétaire de La Neige à Louveciennes conservée au Musée d’Orsay.