In Memoria (Deux personnages), Jean Dubuffet begins the stylistic exploration of his celebrated and mythical ‘Hourloupe’ series. This work is already characteristic of the period, with its imposing dimensions and use of only the primary colours: blue, red, black and white, underlined by a unique mastery of line.

The composition of Memoria (Deux personnages) unfolds in a complex tangle of forms from which the figures seem totally absent. Yet close observation reveals the presence of figures, hidden in a spirit of play and surprise. He reduces the colours to blue and red, but with this simplicity of means manages to create a rich and intense play of colours. Each observation of the work reveals new readings, a part of the artist's thoughts seeming to be reflected in it, transforming the work into an extension of his mind.

The ‘Hourloupe’ series is one of the longest and most prolific of Jean Dubuffet's career, spanning from 1962 to 1974. It has its origins in scribbles made with a red and blue biros, which the artist drew absent-mindedly during telephone conversations. These spontaneous gestures inspired a radical evolution in his style, marked by the arbitrary, the irrational and the search for a more whimsical space. For Dubuffet, this series represents an exploration of the unconscious, an attempt to capture what escapes us.

In this new series, he adopts well-defined representational structures, taking the form of criss-crossing cells filled with stripes and ordered lines. While the artist seems to display a marked two-dimensionality, the intermingling of cells and the interplay of stripes create a space of infinite dimensions. Jean Dubuffet plays with the viewer's perception by creating forms that seem to float in an ambiguous space. He definitively moved away from the more figurative themes of his earlier works, such as those in his previous Paris Circus series. Where the landscapes, objects and figures of his earlier work were still recognisable, in his Hourloupe series these elements dissolve to make way for a fusion of biomorphic forms, outlined with sinuous black lines and surrounded by white space. This commitment to abstraction reflects the artist's desire to plunge into a world of pure imagination, disconnected from artistic conventions, typical of the ‘Art Brut’ movement of which he was a pioneer.

‘The painter, in short, quite the opposite of painting what he sees, as certain ill-informed people would have him believe, has no good reason other than to paint what he does not see but aspires to see.’
(Jean Dubuffet)

Vue de l’exposition « L’Hourloupe : gouaches » Ă  la Galerie Claude Bernard Ă  Paris, du 8 dĂ©cembre 1964 au 31 janvier 1965 © Archives Fondation Dubuffet, Paris / Galerie Claude Bernard, Paris © ADAGP/Paris, 2024

Dans Memoria (Deux Personnages), Jean Dubuffet ent.mes l’exploration stylistique de sa cĂ©lĂ©brissime et mythique sĂ©rie de L’Hourloupe. Cette Ɠuvre prĂ©sente dĂ©jĂ  les caractĂ©ristiques de cette pĂ©riode avec ses dimensions imposantes et l'utilisation des seules couleurs primaires: le bleu, le rouge, le noir et le blanc, le tout soulignĂ© par une maĂźtrise unique de la ligne.

La composition de Memoria (Deux Personnages) se dĂ©ploie dans un enchevĂȘtrement complexe de formes dont les figures semblent totalement absentes. Pourtant, une observation attentive rĂ©vĂšle la prĂ©sence de personnages, dissimulĂ©s dans un esprit de jeu et de surprise. Il rĂ©duit les couleurs aux seuls bleu et rouge, tout en parvenant avec cette simplicitĂ© de moyens Ă  crĂ©er un jeu chromatique riche et intense. Chaque observation de l’Ɠuvre rĂ©vĂšle de nouvelles lectures, une part de la pensĂ©e de l’artiste semblant s'y reflĂ©ter, transformant l’Ɠuvre en une extension de son esprit.

La sĂ©rie L’Hourloupe est une des plus longues et prolifiques de la carriĂšre de Jean Dubuffet, s’étendant de 1962 Ă  1974. Elle trouve son origine dans des gribouillages faits au stylo bille rouge et bleu, que l'artiste dessinait distrait.mes nt lors de conversations tĂ©lĂ©phoniques. Ces gestes spontanĂ©s ont inspirĂ© une Ă©volution radicale de son style, marquĂ© par l’arbitraire, l’irrationnel et la recherche d’un espace plus fantaisiste. Pour Dubuffet, cette sĂ©rie reprĂ©sente une exploration de l’inconscient, une tentative de capturer ce qui Ă©chappe Ă  la perception ordinaire.

Dans cette nouvelle sĂ©rie, il adopte des structures de reprĂ©sentation bien dĂ©limitĂ©es, qui prennent la forme de cellules entremĂȘlĂ©es remplies de rayures et de traits ordonnĂ©s. Alors que l’artiste semble afficher une bidimensionnalitĂ© marquĂ©e, l’entremĂȘlement des cellules et le jeu des rayures, crĂ©ent un espace aux dimensions infinies. Jean Dubuffet joue avec la perception du spectateur en crĂ©ant des formes qui semblent flotter dans un espace ambigu. Il s’éloigne dĂ©finitivement des thĂšmes plus figuratifs de ses Ɠuvres antĂ©rieures, comme celles de sa sĂ©rie prĂ©cĂ©dente Paris Circus. LĂ  oĂč les paysages, objets, et figures de ses travaux prĂ©cĂ©dents Ă©taient encore reconnaissables, dans sa sĂ©rie l’Hourloupe, ces Ă©lĂ©ments se dissolvent pour laisser place Ă  une fusion de formes biomorphiques, contournĂ©es de lignes noires sinueuses et entourĂ©es d'espaces blancs. Cet engagement dans l’abstraction reflĂšte un dĂ©sir de l’artiste de plonger dans un univers de pure imagination, dĂ©connectĂ© des conventions artistiques, propre Ă  l’Art brut dont il est le pionnier.

« Le peintre, en somme, tout Ă  l’opposĂ© de peindre ce qu’il voit, comme le lui prĂȘte certain public mal informĂ©, n’a de bonne raison qu’à peindre ce qu’il ne voit pas mais qu’il aspire Ă  voir. »
(Jean Dubuffet)