Joseph Chinard made this imposing terracotta while he was in Rome in 1791. The work is a perfect illustration of the new Neoclassical trend: a taste for simple forms reminiscent of the antique, combined with the most graceful traditions inherited from eighteenth century Baroque, so typical of Chinard’s talent.
Chinard trained in Lyon under the sculptor Barthélémy Blaise (1738-1819) and became an accredited portraitist for the Bonaparte family and the Lyon aristocracy. In addition to his activity as a portrait painter, from 1793 Chinard began to receive commissions from the Lyon city council for projects in public spaces. When sovereigns or celebrated figures visited the city in an official capacity, Chinard created decorations – some of them temporary – which helped to grow his reputation.
In 1792, in order to demonstrate his commitment to the values of the French Revolution, Chinard carved a statue of Liberty and Equality, at his own expense, to replace the statue of Louis XIV on the pediment of the Hôtel de Ville in Lyon (destroyed in 1810; a plaster model survives).
When a major celebration was organized for Napoleon’s entry into the city on 12 January 1802 (22 Nivôse year X), newspapers of the period reported the event enthusiastically and described the monumental structure designed by Chinard:
‘(…)The Arc de Triomphe is surmounted by the chariot of the god of war, drawn by four chargers, while a wise and benign genius calms their zeal and stops their rapid advance.’
(Journal de Lyon et du Midi, no. 13, 25 Nivôse year 10, p.102).
The monument was inaugurated on 14 January 1802: ‘While the city’s elite attended the festivities at the Grand Théâtre, the rest of the population enjoyed themselves on the Place Bonaparte. A magnificent structure had been erected to Chinard’s designs […]. This monument was brightly illuminated. There was a hot-air balloon ascent as well as fireworks.’
(Fête donnée par la commune de Lyon à l’occasion de l’arrivée du premier consul sur la place Bonaparte le 24 nivose an X, A. Leroy [1802]).
Here, Chinard has depicted Peace personified by a winged genius, a naked young man with spread wings, holding the bridles of three wildly rearing horses. One foot is on the back of the steed, the other presses down on a trophy of arms, suggesting the defeat of war: a large rectangular shield, a helmet, an upturned torch, oak branches thrown on the ground, all clustered around a suit of armour and surmounted by an olive wreath.
The artist drew his sources from antiquity: his model would certainly have been a classical vase, decorated with red figures on a black ground. He may have been inspired by a similar composition on a vase (300-350 BCE) showing Eros driving a quadriga (now in the Metropolitan Museum, New York, inv. no. 06.1021.211).
The attribution of our terracotta to Chinard and a date of 1791 can be securely confirmed thanks to the existence of a first version of this relief, signed and dated CHINARD 1791, in the former collects ion of Lord Bassey (his sale Replica Shoes ’s London, 7 July 1961, lot 32). This relief is distinguished from ours by some variations: it is slightly larger and a different treatment has been used for the horses’ manes, while the shield is oval rather than rectangular and the olive wreath is replaced by a royal crown.
Sotheby’s London, 7 July 1961, lot 32
The Dijon painter Bénigne Gagneraux (1756-1795), whom Chinard met at the Académie de France in Rome, produced an almost identical composition of a quadriga of horses driven by a genius. The first version, painted in 1791, at the Musée des Ursulines in Mâcon (inv. no A.990), shows a group of three horses, but the second, dated 1794, has a team of four horses (Musée d’Art et d’Histoire, Geneva (inv. no. 1837-0001). The two artists seem to have each influenced the other in their creations.
In our relief, Chinard has exploited clay’s technical possibilities to great effect, creating a dynamic composition: particularly remarkable are the plasticity of the details, such as the young man’s curling locks of hair, the perfect modelling of his athletic body and floating drapery, his spreading toes caught in the horse’s tail, and the spirited movement of the rearing horses.
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Joseph Chinard réalise ce majestueux relief en terre cuite lors de son séjour à Rome en 1791. L’œuvre illustre parfait.mes nt les nouvelles tendances néoclassiques : le goût pour la simplicité des formes se référant à l’antique, mêlé aux traditions baroques plus gracieuses héritées du XVIIIe siècle, si caractéristique du talent de Chinard.
Formé auprès du sculpteur Barthélémy Blaise (1738-1819) à Lyon, Chinard fut le portraitiste attitré de la famille Bonaparte et de l'aristocratie lyonnaise. De plus, le sculpteur reçut dès 1793, des commandes de la Municipalité de Lyon pour des projets dans l’espace public. A l’occasion des entrées officielles de souverains ou de personnages célèbres dans la ville, Chinard réalise des décorations, parfois éphémères, qui forgent sa renommée.
Afin d’illustrer son engagement pour les valeurs de la Révolutions française, Chinard sculpte en 1792, à ses frais, une statue de La Liberté et l’Egalité destinée à remplacer la statue de Louis XIV sur le fronton de l’hôtel de Ville de Lyon (détruite en 1810 ; modèle en plâtre conservé).
A l’occasion des festivités organisées pour l’arrivée de Napoléon dans la ville le 12 janvier 1802 (le 22 Nivose an X), les journaux de l’époque relatent cet évènement avec enthousiasme et détaillent l’édifice monumental érigé par Chinard : ‘(…) L’Arc de Triomphe est surmonté du char du Dieu de la guerre, emporté par quatre coursiers, dont un génie sage et bienfaisant vient calmer l’ardeur et arrêter le rapide essor. ‘
(Journal de Lyon et du Midi, n° 13, 25 Nivôse an 10, p.102).
Lorsque le monument fut inauguré le 14 janvier 1802, la presse est élogieux : ‘Tandis que l’élite de la cité assistait à la fête donnée au Grand Théâtre, la population s’amusait sur la place Bonaparte. On y avait élevé, sur les dessins de Chinard, un édifice majestueux […] . Ce monument fut brillamment illuminé. Il y eut ascension d’un ballon et feu d’artifice.’
(Fête donnée par la commune de Lyon à l’occasion de l’arrivée du Premier consul sur la place Bonaparte le 24 nivose an X, A. Leroy [1802]).
Chinard présente ici l'allégorie de la Paix personnifiée par un Génie ailé, un jeune homme nu aux ailes déployées, qui tient les brides de trois chevaux sauvages cabrés. Un pied sur l’arrière de la monture, il s’appuie de l’autre sur un trophée d’armes, évoquant la défaite : un grand bouclier rectangulaire, un casque, une torche renversée, des rameaux de chêne jetés au sol, le tout groupé autour d’une armure et surmonté d’une couronne d’olivier.
L’artiste puise ses sources dans l’Antiquité : c’est certainement un vase antique, décoré en rouge sur fond noir, qui lui a servi de modèle. En effet, on retrouve une composition similaire sur un vase au Métropolitain Museum de New York (300-350 av JC) présentant Eros conduisant un Quadrige (inv. n° 06.1021.211), dont Chinard a pu s’inspirer.
L’attribution de notre terre cuite à Chinard et sa datation en 1791 peuvent être confirmées avec certitude grâce à l’existence d’une première version en terre cuite de ce relief, signée et datée CHINARD 1791, dans l’ancienne collects ion de Lord Bassey (sa vente Replica Shoes ’s Londres, 7 juillet 1961, lot 32). Ce relief se distingue du nôtre par quelques variantes : il est légèrement plus grand, et présente un trait.mes nt différent de la crinière des chevaux, le bouclier y est en forme ovale et non rectangulaire, et la couronne d’olivier est remplacée par une couronne royale.
Sotheby’s London, 7 July 1961, lot 32
On retrouve une composition presque identique, un quadrige de chevaux conduit par le Génie, réalisé par le peintre dijonnais Bénigne Gagneraux (1756-1795), que Chinard rencontre à l’Académie de France à Rome. La première version peinte en 1791 au musée des Ursulines à Mâcon (inv. no A.990), montre un groupement de trois chevaux, la seconde, de 1794, avec un attelage de quatre chevaux se trouve au musée de d’Art et d’Histoire à Genève (inv. no. 1837-0001). Les artistes se sont certainement influencés mutuellement dans leurs créations, en se fondant sur la même source iconographique.
Dans notre relief, Chinard a su exploiter à merveille les possibilités techniques de la terre pour atteindre une composition dynamique : on remarque la plasticité des détails, tels les cheveux en mèches bouclées du jeune homme, le modelé parfait de son corps d’athlète, enveloppé dans un tissu flottant, ses orteils écartés pris dans la queue du cheval, ainsi que le mouvement dans la fougue des chevaux cabrés.
RELATED LITERATURE/ RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
M. Preston Worley, ‘Persée et Andromède de Chinard. Une fausse attribution ?’, dans Revue du Louvre, no 4, 1989, pp. 249-251;
M. Rocher-Jauneau, ‘Chinard and the Empire Style’, dans Apollo, sept 1964, no 31, LXXX, p. 221;
M. Rocher-Jauneau, ‘Persée et Andromède de Chinard. A propos de deux groups du musée des Beaux-Arts de Lyon’, dans Bulletin des Musée et Monuments Lyonnais, 1961, no 2, pp. 345-359;
Salomon de La Chapelle, ‘Joseph Chinard, sculpteur, sa vie et son œuvre’, dans Revue du Lyonnais, 1896-2, pp. 337-357;
‘Mémorial des événements de l’an X’, dans Almanach historique et politique de la ville de Lyon et du départ.mes
nt du Rhône pour l’an XI de la République, Lyon 1802-1803, p. VI;
Léon Boitel, ‘Passages et séjours de Napoléon à Lyon, dans Revue du Lyonnais, 1850, pp. 228-229 (Fête donnée par la commune de Lyon à l’occasion de l’arrivée du premier consul sur la place Bonaparte le 24 nivose an X, A. Leroy [1802].