From an interlacing of lines and curves emerge the iconic and inimitable bird and stars so characteristic of Miró’s motifs. Present in the artist’s imagination since the 1941 Constellations series, these figures infuse his work in the 1950s. These beings of a surreal and dreamlike reality, figurative but intriguing, retain their share of mystery; an enigma upheld by the artist himself who stated: "It might be a dog, a woman, or whatever. I don't really care. Of course, while I am painting, I see a woman or a bird in my mind, indeed, very tangibly a woman or a bird. Afterward, it's up to you" (Joan Miró and Georges Raillard, Ceci est la couleur de mes rêves, Paris, 1977, p. 128).
“For me a form is never something abstract; it is always a sign of something. It is always a man, a bird, or something else. For me painting is never form for form's sake”
The viewer is thus not only invited to observe but above all to immerse himself in this universe in order to construct his own interpretation. Letting the work speak for itself, Miró refused to give it a title.
The motifs thus form poetic rebus, snippets of ideas and concepts, floating in the artist’s infinite like pictorial space. They also bear the imprint of their author, the stigma of his artistic experiences. Indeed, in this new decade, Miró experimented a great deal with graphic arts, ceramics, mural painting and architecture. All these artistic investigations are reflected in this work. The sharp, precise lines of Indian ink embody this post-war period and attest to Miró's desire to maintain a solid base in figuration in opposition to the broad strokes of abstract expressionism. The bird's plumage evokes mosaic tiles while the paper itself seems to have been rubbed down, like a mural, worn by t.mes and the seasons. This work becomes a confession, expressing both an intimate yet universal story.
D’un entrelacs de lignes et de courbes naissent les motifs miro-esques iconiques et inimitables de l’oiseau et des astres. Présentes dans l’imaginaire de Miró depuis sa série de 1941 des Constellations, ces figures perdurent dans son travail des années 1950. Ces êtres d’une réalité surréelle et onirique, figuratifs mais intrigants, conservent leur part de mystère ; énigme entretenue par l’artiste lui-même qui ripostait : “Ça peut être un chien, une femme, ou autre chose. Cela ne m'intéresse pas vraiment. Bien sûr, pendant que je peins, je vois une femme ou un oiseau dans mon esprit, en fait, très concrèt.mes nt une femme ou un oiseau. Après, c'est à vous de voir” (Joan Miró and Georges Raillard, Ceci est la couleur de mes rêves, Paris, 1977, p. 128).
Le spectateur est donc non seulement invité à observer mais surtout à s’imprégner, à s’immerger dans cet univers pour construire sa propre interprétation. Suivant cette optique de laisser l’œuvre parler d’elle-même, Miró refuse d’ailleurs de la titrer.
“Pour moi, une forme n’est jamais quelque chose d’abstrait; elle est toujours le signe de quelque chose. C’est toujours un homme, un oiseau, ou autre chose. Pour moi, la peinture n’est jamais la forme pour la forme.”
Les motifs forment alors des rébus poétiques, bribes d’idées et de concepts, flottant dans cet espace infini. Ils portent aussi l’empreinte de leur auteur, les stigmates de ses expériences artistiques. En effet, en cette nouvelle décennie, Miró expérimente. Il s’essaie ainsi aux arts graphiques, à la céramique, à la peinture murale et architecturale. Tous ces essais transparaissent dans cette œuvre. Les lignes tranchantes et précises d’encre de Chine incarnent cette période d’après-guerre et attestent de la volonté de Miró de conserver une figuration marquée, en opposition aux larges touches de l’expressionnisme abstrait. Le plumage de l’oiseau évoque aussi les carreaux de mosaïques tandis que le papier lui-même semble avoir été frotté, semblable à une peinture murale, abîmée par le temps et les saisons. Cette œuvre s’illustre donc comme un véritable partage, un récit int.mes
mais universel.